Trois raisons pour lesquelles je suis devenue Notaire : entretien avec Anaïs Clément.

La rédaction du Village des Notaires se fait l’écho du témoignage d’Anaïs Clément, jeune notaire à Fontainebleau qui relate les raisons qui l’on incitée à exercer cette profession.

Lorsque l’on m’a posé la question « Pourquoi es-tu devenue notaire ? », une multitude de réponses me sont venues à l’esprit tant j’aime le métier que j’exerce depuis quelques années seulement. Un métier vieux de plusieurs centaines d’années et pour autant riche de sa remise en question perpétuelle aussi bien dans la manière de l’exercer que dans le fond pratiqué.

Cependant, si je devais synthétiser mon propos en trois axes, je répondrais à mon interlocuteur ce qui suit...

La fierté d’une grande polyvalence juridique.

Il est plaisant intellectuellement et à la fois difficile, selon moi, de conserver une certaine polyvalence, à l’heure actuelle, dans l’exercice du droit. En effet, les différentes matières qui sont amenées à être traitées par le Notaire sont toutes plus complexes les unes que les autres en raison notamment de l’inflation législative - civile et fiscale. C’est la raison pour laquelle je trouve ce métier d’autant plus valorisant qu’il requiert une jonglerie d’esprit constante et une volonté de toujours se remettre à niveau. Le client peut, lors d’un rendez-vous de renseignements, aborder de nombreux aspects juridiques relatifs à son patrimoine et plus généralement à sa vie et le Notaire doit être apte à lui apporter des réponses appropriées, individualisées en fonction de son cas d’espèce, et conformes à la loi en vigueur. Ne pas être contraint à une spécialisation juridique et intellectuelle est vraiment un aspect qui m’a plu dans ce métier riche en compétences diverses et variées.

L’incarnation de valeurs fondamentales.

L’idée de véhiculer des valeurs importantes et primordiales d’éthique et d’équité est un aspect du métier qui m’a immédiatement parlé et qui correspond, plus globalement, à ma vision de la vie. Ce point de vue m’est très personnel mais le notaire est, selon moi, le représentant d’une certaine médiation, du compromis, de l’amiable et de la paix des familles. Il est amené chaque jour, dans sa pratique, à développer des qualités humaines de droiture, de justice et de neutralité. Il doit mettre ces différentes valeurs, non exhaustives, au service des affaires qu’il va traiter et au service des clients qui sont venus lui demander conseil. En matière de droit de la famille notamment, le notaire dirige ou du moins tente d’accompagner les héritiers sur le chemin du partage amiable ou encore les futurs divorcés vers l’idée d’un accord entre eux qui se voudrait équitable et juste pour chacun.

Il serait mensonger, cependant, de prétendre que toutes les situations peuvent être résolues de cette manière mais le notaire a une obligation de moyen relative à l’application de ce qu’il incarne. C’est un aspect qui me plaît dans ce métier et qui me pousse à développer autour des clients un climat de confiance et d’apaisement dans des instants de vie souvent difficiles à appréhender pour eux.

Au-delà donc de l’aspect purement technique et juridique du métier, le notaire doit mettre en exergue des valeurs de confiance, de réciproque, et devient bien souvent, par la force des choses, un médiateur. D’ailleurs, le Mouvement Jeune Notariat, duquel je suis membre, devant cette constatation, n’a pas hésité à axer son Congrès 2018 dont le thème était « les conflits successoraux » sur la médiation, pratique très utilisée (notamment) par les notaires québécois qui ont accueilli ledit Congrès.

Etre présent dans les différentes étapes de la vie.

Enfin, ce qui me fascine personnellement dans ce métier c’est surtout le fait d’intervenir auprès des clients dans toutes les étapes importantes et essentielles de leurs vies. En effet, le notaire peut être amené à rédiger un contrat de mariage ou un pacte civil de solidarité, puis à représenter les jeunes mariés ou partenaires dans le cadre de l’acquisition d’une résidence principale puis d’un fonds de commerce par exemple ou encore à régler la succession du parent de l’un d’eux. Ce ne sont que des exemples mais j’aime cette sensation d’aider un client dans toutes les épreuves que la vie peut lui imposer et les joies qu’elle peut également lui apporter et d’être, dans une société où tout devient consommable, un repère et une personne digne de confiance qui le connaît vraiment tant dans l’aspect patrimonial que dans l’aspect social et familial de sa vie. Je crois que le Notaire est avant tout une personne qui aime les autres, qui se réalise dans l’aide juridique qu’il peut apporter à autrui et qui exerce sans jamais oublier les mots qu’il a été amené à prononcer un jour « Je jure de loyalement remplir mes fonctions avec exactitude et probité et d’observer en tout les devoirs qu’elles m’imposent ».

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