Immobilier : les cartes du marché sont-elles définitivement redistribuées ?

Même au coeur de l’été, les notaires continuent à analyser le marché immobilier. La note de juillet 2021 est sortie et les chiffres sont bons, même très bons. La résilience du marché immobilier s’affirme, tout comme sa mutation. Les Français s’adaptent à la situation, et par la même occasion adaptent leurs projets d’achats. Le Village des notaires se penche sur les principaux enseignements de cette nouvelle note.

La note publiée en avril confirmait une reprise haussière depuis septembre 2020, limitant ainsi la baisse des volumes à 4 % sur un an. Elle ajoutait que la tendance ne semblait aller qu’à l’augmentation. Confirmation est faite par la note mise en ligne par les notaires en juillet. Plusieurs informations sont à souligner ici :

Tout d’abord, le Conseil Supérieur du Notariat note que « le volume de ventes de logements anciens en cumul sur les douze derniers mois atteint 1 130 000 transactions à fin mai 2021, un niveau record depuis 2000.  » Le dynamisme du marché est donc bel et bien de retour.

Comme observé dans les précédentes notes de conjoncture, le renversement des rapports de force entre territoires s’affirme. Le glissement des achats de biens immobiliers par les Français vers une nouvelle typologie, notamment les maisons anciennes autour de la capitale et des autres grandes villes, et vers des zones géographiques éloignant des grandes villes se pose comme une preuve supplémentaire. L’essor du télétravail, comme rappelé plusieurs fois dans de précédentes notes, facilite grandement cet exode (au second semestre, le nombre de « départs » a progressé de 13 %) avec la volonté de « déconnexion connectée » dans un cadre plus « vert ».

Le basculement décrit plus haut produit un effet local marqué en termes d’évolution des prix puisque les Français quittant les métropoles pour les petites et moyennes villes autour de celles-ci « exportent avec eux leur pouvoir d’achat immobilier, qui ne correspond pas forcément à celui des utilisateurs locaux. Cela déséquilibre à la hausse ces marchés, générant des prix anormalement élevés et pas toujours justifiés. » De l’autre côté, «  l’amorce de départs des grandes métropoles y engendre un atterrissage de la hausse des prix  : pour exemple, à Paris intra-muros, on constate un effet plateau, conséquence d’une chute accentuée des volumes (- 14 % dans la capitale sur un an à la fin du 1er trimestre 2021).  »

Enfin, la question des taux est abordée dans cette note puisque leur fluctuation dans les dernières décisions de politique bancaire a fait craindre un resserrement des conditions d’accès au crédit. Or, les notaires se montrent optimistes et valident le scénario d’une continuité dans la belle dynamique actuelle du marché : « aucun indicateur ne suggère de hausse brutale, de sorte qu’une augmentation raisonnable des taux ne modifierait pas, de façon importante, l’effort de trésorerie des acquéreurs emprunteurs.  »

Du côté des Français, le moral remonte et les envies d’épargner semblent baisser, ce qui oriente vers des projets d’investissements immobiliers plus concrets. Tout en prenant en compte que la prise de conscience issue de cette année exceptionnelle en termes de conditions de vie a fait son chemin dans les têtes et prendra sa part dans la définition des envies immobilières. Un outil comme le DPE, qui a récemment fait peau neuve, trouvera aisément son utilité pour accompagner l’acheteur dans la recherche d’un bien éco-responsable.

Retrouvez la note complète ici.

Simon Brenot
Rédaction du Village des notaires

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