Associations : comment se portent-elles post-confinement ?

Le Mouvement Associatif a publié le 18 juin 2020 une nouvelle enquête qui revient sur l’état des associations après le confinement. Elle permet de « prendre la mesure de l’impact économique de la crise sanitaire et des besoins à venir des associations. » Village des Notaires vous en livre les principaux enseignements.

L’enquête, réalisée en ligne, fait suite à un précédent travail, mené du 20 mars au 7 avril, qui revenait sur les impacts humains et économiques de crise pendant la période de confinement. Cette fois-ci, les auteurs ont souhaité « préciser les impacts économiques et les besoins d’accompagnement dans le cadre de la reprise progressive d’activités à compter du 11 mai 2020 ». Les résultats obtenus proviennent de 12 248 réponses exprimées par des responsables associatifs entre le 14 mai et le 15 juin 2020.

Une situation inquiétante.

L’enquête fait d’abord un rapide bilan de la période de confinement, pour bien comprendre l’impact qu’a eu cette période exceptionnelle sur le tissu associatif en termes humains et logistiques. Les difficultés ont ainsi été multiples, 89% des associations en ont ressenti une ou plusieurs, et ont notamment porté sur la disparition des relations avec les structures avec lesquelles les associations étaient en lien (pour 44% d’entre elles), avec certains bénévoles (36% d’entre elles l’ont ressenti), ou encore une problématique d’adaptation de l’autorisation dérogatoire de sortie à l’activité associative (35% l’ont observé). Ces situations ont amené en moyenne 68% des associations à quasiment arrêter leur activité, ou bien avec un maintien à moins de 20% de l’activité habituelle. Une activité qui comprenait notamment l’organisation d’événements (spectacles, animations publiques, etc).

En interne, les adaptations ont été nécessaires : 57% des associations ont revu leur fonctionnement, avec pour 34% d’entre elles l’utilisation accrue d’outils numériques pour travailler ou garder le lien à distance, et pour 23% d’entre elles, l’adoption de nouvelles pratiques et de nouvelles relations avec les bénéficiaires et les adhérents. Pour 51% des associations interrogées, l’équipe dirigeante a fonctionné collectivement, de manière satisfaisante ou plus rarement avec quelques difficultés. Les associations dont l’équipe dirigeante a été la plus absente sont celles qui oeuvrent dans la défense des droits et des causes.

Les problématiques du déconfinement.

Vient ensuite la phase du déconfinement et les interrogations qui l’accompagnent qui s’articulent en trois thématiques :

  • Les conditions matérielles indispensables (application des mesures barrières et réouverture des locaux) ;
  • Les relations et les ressources humaines et les adhésions à venir ;
  • La visibilité financière, qui devient inquiétante pour 59% d’entre elles qui soit ne peuvent pas encore se prononcer sur les partenariats publics et privés, soit les trouvent plutôt affaiblis, soit ont des relations plutôt tendues.

Seules 7% des associations répondent par des signes encourageants avec de nouveaux partenariats, et 34% indiquent que les partenariats sont globalement maintenus. Enfin, elles sont 58% à estimer ne pas pouvoir reprendre une activité dans des conditions acceptables avant septembre, avec une période d’été qui conserve son lot d’inconnues et de situations très différentes.

Sur le plan économique et financier, les difficultés de trésorerie se font sentir avec en moyenne 24% des associations qui ont moins de 3 mois de sommes immédiatement mobilisables, et seulement 28% qui déclarent avec plus de 6 mois de ces mêmes sommes. Globalement, 56% des associations constatent des impacts négatifs sur leurs finances notamment dans les plus grandes associations et dans le tourisme social. Cela se manifeste principalement par des pertes de revenus, des baisses de ressources provenant des cotisations, des pertes de revenus d’activités totale et des dépenses engagées à perte. D’autant qu’en parallèle les dons des particuliers et des entreprises sont plutôt en baisse et les solutions financières des pouvoirs publics sont accessibles facilement pour seulement 40% des associations. Elles l’expliquent par des difficultés d’adaptation de ces solutions aux statuts associatifs, une lourdeur des démarches et des difficultés à joindre les services. Cela étant, à court terme, 40% des associations employeuses envisagent d’activer ces mêmes aides financières qu’elles soient régionales, départementales ou communales ; et 36% l’ont déjà fait.

Quelles perspectives pour les 6 mois à venir ?

Pour 39% des associations, le maintien du dispositif de chômage partiel sera un axe fort de leur survie. Pour cette raison, 33% craignent de ne pouvoir maintenir l’effectif salarié en l’état, voire de ne pas pouvoir assumer les recrutements prévus (20% d’entre elles).

Quant à la poursuite de cette enquête, avec une analyse plus détaillée de l’impact économique, l’horizon du premier trimestre 2021 semble être le plus certain. En effet, « le budget de l’Etat, ceux des collectivités seront votés et les associations sauront, alors, si la relance de la vie associative fait partie des priorités des pouvoirs publics. » [1]

Retrouvez l’enquête complète ici

Par Simon Brenot pour la rédaction du Village des Notaires

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