Mariages en temps de Covid : les données de l’INSEE

Nul ne sera véritablement surpris de la baisse du nombre d’unions en temps de crise sanitaire, avec l’impossibilité de célébrer les mariages pendant près de deux mois et demi et les contraintes, ensuite, restreignant la possibilité de se retrouver pour fêter l’événement. Des taux historiquement bas et des chiffres qui ont évolué au gré des périodes de l’état d’urgence sanitaire.

Les chiffres globaux sur 2020

Le nombre de mariages baisse quasi continuellement depuis l’année 2000, mais la chute observée en 2020 est inédite (nombre le plus faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale) :

  • le chiffre global est de − 31,2 % ;
  • 154 600 mariages qui ont été célébrés en France (150 000 pour des couples de sexe différent et 4 600 entre deux personnes de même sexe), qu’il s’agisse de primo-mariages ou de remariages.

Les baisses les plus importantes ont lieu :

  • en Corse (− 39 %) ;
  • dans le nord de la France :
    • en Normandie (− 37 %),
    • dans les Hauts‑de‑France (− 36 %).

La baisse est la plus faible dans le Sud et le Bassin parisien :

  • en Occitanie, Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et Centre‑Val de Loire (− 28 %) ;
  • en Île‑de‑France (− 29 % ).

Premier confinement

538 mariages ont été célébrés (vs plus de 25 000 sur la période du 17 mars au 10 mai 2019).

Premier déconfinement, première phase

La reprise des célébrations a été autorisée à partir du 11 mai, avec une limitation du nombre de convives et une restriction des déplacements à 100 km autour du domicile, jusqu’au 1er juin.

Certains couples ont préféré annuler la cérémonie et la reprise des mariages en mai a été très limitée : entre le 11 mai 2020 et le 1er juin, 713 mariages ont eu lieu (vs près de 20 000 à la même période en 2019).

Premier déconfinement, deuxième phase

À partir du 2 juin 2020, les déplacements ont été à nouveau autorisés sur l’ensemble du territoire et les restrictions sur le nombre de personnes autorisées à se rassembler levées.

La reprise des mariages n’a pas été immédiate : délai de publication des bans, effet de l’absence de vision à moyen terme, pour ce qui concerne une célébration durant la période estivale. D’où :

  • des mariages moins nombreux à l’été 2020 : 62  000 mariages entre juin et août en 2020 (vs 104 000 en 2019) ;
  • des mariages plus nombreux en septembre et octobre 2020 par rapport à 2019 (le mois d’octobre 2020 comportant par ailleurs cinq samedis contre quatre l’année précédente).

Deuxième vague de la pandémie

À partie de septembre 2020, les rassemblements de plus de 30 personnes, puis de 10 personnes, ont été progressivement interdits dans les territoires les plus touchés. À partir du 17 octobre, les rassemblements de plus de six personnes ont été à nouveau interdits en métropole. Le deuxième confinement, qui a débuté fin octobre 2020, n’a pas interdit la tenue de mariages mais le nombre d’invités restait limité durant cette période. Enfin, le 15 décembre, le confinement a pris fin, les rassemblements ont été à nouveau autorisés, mais la mise en place d’un couvre-feu a réduit les possibilités de se regrouper en soirée.

Le nombre de mariages en novembre est resté néanmoins beaucoup plus élevé que durant le premier confinement :

  • 7 000 mariages en novembre 2020 ;
  • 11 000 mariages en décembre 2020, plus qu’en décembre 2019 (10 000).

Les données liées à l’âge des marié(e)s

Pour les moins de 55 ans : la chute du nombre des nouveaux mariés en 2020 est d’environ un tiers.

Pour les 55 ans et plus : la diminution est notable aussi, mais moindre (− 18 %).

Pour tous les âges : la reprise des mariages à la fin du premier confinement n’a pas permis de rattraper la forte chute pendant cette période.

On notera également une augmentation de l’âge moyen des mariages (en hausse depuis plus de 20 ans) :

  • 36,7 ans pour les femmes se mariant à un homme (vs 36,3 ans en 2019) ;
  • 39,3 ans pour les hommes se mariant à une femme (vs 38,8 ans en 2019) ;
  • 44,4 ans pour les hommes se mariant à un homme ;
  • 38,6 ans pour les femmes se mariant à une femme.

Pour les couples de même sexe, l’âge au mariage en 2020 est exceptionnellement en hausse, alors qu’il était en baisse continuelle depuis 2013, année de promulgation de la loi sur le mariage pour tous.

Autres constats

Les données de l’INSEE montrent :

  • une modification de la saisonnalité des mariages en 2020 : le nombre de mariages célébré en été a baissé de 41 % par rapport à l’été 2019 ;
  • des célébrations ayant moins souvent eu lieu le samedi (28 % des mariages ont eu lieu un autre jour).

En 2021 : une hausse des mariages limitée par la poursuite des restrictions sanitaires

Selon l’estimation provisoire arrêtée fin novembre 2021 :

  • 220 000 mariages ont été célébrés ;
  • dont 214 000 entre personnes de sexe différent et 6 000 entre personnes de même sexe.

Ce rebond (+ 42 %) par rapport à 2020 a presque permis de rattraper le niveau de 2019 (225 000 mariages), malgré les restrictions sanitaires qui se sont poursuivies.

La saisonnalité des mariages en 2021 retrouve globalement ses caractéristiques, avec :

  • un pic à l’été, en juillet ;
  • mais avec toutefois un nombre de mariages au mois d’avril faible (11 000 vs 16 000 en 2018 et 2019).

Les données de l’année 2021 sont provisoires, les bulletins de mariages n’ayant pas encore tous été transmis à l’Insee. Elles sont estimées à partir de l’exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Les données définitives seront publiées en début d’année 2023.

L’intégralité des données est à retrouver sur le site de l’INSEE (accès direct en cliquant sur l’image ci-dessous) :

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