Immobilier d’entreprise et notaire : le conseil s’adapte.

Entre digitalisation de la profession, relation-client, et stratégies d’investissement des acteurs de l’immobilier, Me Antony Terny, notaire au sein de l’étude KL Conseil, a répondu au Village des notaires.

Quel regard avez-vous sur l’impact de l’évolution sanitaire dans votre organisation et votre relation-client ?

Il faut distinguer l’impact préalablement à la signature des actes notariés de celui lors de leur signature.

Lors de la mise au point des dossiers, notre façon de travailler a été modifiée avec une très forte diminution du nombre de rendez-vous en présentiel. Je suis spécialisé en immobilier d’entreprise, avec exclusivement des interlocuteurs professionnels, et avant de parvenir à la signature des actes de vente, nous avions nombre de réunions physiques de mise au point. Désormais, suite à la situation sanitaire, nous procédons le plus souvent par des réunions en visio-conférence, et très peu de réunions physiques. Les déplacements professionnels deviennent plus rares, ce qui est un gain de temps. Toutefois, les visio-conférences ne facilitent pas toujours les négociations entre les parties. Globalement, la technologie prend une place de plus en plus importante dans la profession.

Le retour en arrière serait très compliqué et n’est d’ailleurs pas souhaitable. Elle permet évidemment un gain de temps important pour le notaire qui peut alors se concentrer sur son rôle de conseil des parties. Toutefois, il faut veiller à ce que la technologie ne nous éloigne pas de nos clients et toujours garder le contact avec ses clients en les rencontrant.

Lors de la signature des actes, la crise sanitaire a contribué à l’accélération de la dématérialisation des actes et au développement exponentiel de la signature des actes authentiques électroniques à distance. La dématérialisation est une sacrée révolution dans notre manière de travailler et elle semble bien perçue par nos clients.

De quelle manière les stratégies d’investissement des acteurs de l’immobilier évoluent-elles ?

La récente nouvelle obligation d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire issue du décret n°2019-771 du 23 juillet 2019 peut inciter certains investisseurs (souvent institutionnels) à un arbitrage des actifs immobiliers jugés énergivores présents dans leur portefeuille et pour lesquels il sera nécessaire d’effectuer des travaux de mise aux normes. La vente de ces actifs permet à d’autres investisseurs de saisir des opportunités d’acquisition.

Quant à la baisse éventuelle de la demande d’immobilier de bureaux dans certains secteurs suite au développement du télétravail, dont les médias se font l’écho, il est sans doute encore trop tôt pour en avoir une vision précise et savoir si une telle baisse serait durable.

Propos recueillis par Simon Brenot

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