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Un notaire nantais adapte la vente au cadran à l’immobilier

À Nantes, Me Vincent Chauveau [1] est un notaire enclin à innover, qui mise volontiers sur l’originalité. Depuis un peu plus d’un an, il propose en effet sur internet des maisons, des appartements, ou… des châteaux à des ventes à prix dégressifs, calquées sur le système des ventes au cadran. « Elles sont assez courantes en Europe, dans les marchés à bestiaux ou les criées aux poissons » observe-t-il en évoquant l’esprit d’un concept qui l’a conquis au point de s’en inspirer pour l’adapter à l’immobilier ancien.

Le principe - très réglementé - est plutôt simple. Préalablement fixé par le propriétaire, le prix de départ d’un bien d’occasion baisse automatiquement dans un certain laps de temps, jusqu’à atteindre un seuil auquel les acheteurs estiment qu’il est temps de cliquer. Le premier l’emporte au prix affiché, avec l’accord du vendeur qui peut, le cas échéant, retenir l’acquéreur de son choix dans l’éventualité de plusieurs offres équivalentes.

La vente est certes rapide, mais elle est fiable. Elle consiste en effet, d’après Me Chauveau, « à proposer un bien à une valeur égalant le même bien neuf ou rénové et voir ensuite cette valeur s’ajuster en quelques minutes ». Encore peu répandue en France, la méthode est en revanche plus fréquente aux États-Unis où des stocks de promoteurs - constructeurs ont été liquidés de cette manière au lendemain de la crise de 2008.

À l’été 2017, le notaire a donc soumis un joli corps de ferme à une première vente interactive et dégressive en recourant aux prestations de « Kadran » [2], une jeune start-up locale éditrice de logiciels. « Nous hébergeons kadran.immo, une plateforme numérique à l’usage exclusif des professionnels de l’immobilier » précise pour sa part Alexandre Hottiaux, cofondateur à 24 ans de la société née l’an passé.

Le 20 juillet à midi pile, les bâtiments anciens de 240 m2 aux abords de Nantes ont été proposés à 510 000 € sur la plateforme, devenue pour l’occasion la salle de ventes virtuelle. Il était alors prévu dès la première minute que le chronomètre diminuerait le prix annoncé de 2 250 € toutes les trente secondes. Mais d’un clic presque immédiat, un internaute a stoppé la vente, s’adjugeant tout de suite la propriété à son prix de départ.

« C’était tout nouveau » se rappelle Vincent Chauveau pour qui l’opération était à l’époque inspirée par « l’audace ». Selon les mêmes procédés, huit autres opérations ont dès lors suivi, dont la cession en novembre d’un duplex de 157 m2 ouvrant à Paris sur le Parc Monceau. Initialement proposé à 1,8 M€, le grand appartement cossu est parti pour 1,2 M€. « L’une de nos plus belles ventes » souligne le notaire.

Il chiffre aujourd’hui à 60 % le taux de réussite de ces transactions qui, dans leurs formes nouvelles, offrent à la fois de bonnes garanties et de sérieux avantages. Si une opération immobilière classique réclame le plus souvent un délai moyen de trois mois, les ventes dégressives ne prennent que quelques minutes au cours desquelles les acheteurs n’influencent pas des prix que le chrono baisse mécaniquement.

En amont, tout propriétaire peut décider d’un prix plancher qui arrêtera définitivement la vente. Les acquéreurs éventuels disposent quant à eux du temps nécessaire à la réflexion après des visites sur place. Une fois leur décision prise, ils devront présenter un plan de financement à l’équilibre puis signer des conditions de vente chez le notaire qui leur donnera le code d’accès à l’espace virtuel.

Alain Baudin

Article initialement publié dans le Journal du Village des Notaires n°71


Notes

[1Office notarial Laurence Picart, Vincent Chauveau, Catherine Le Roux, 15 boulevard Gabriel Guist’Hau, 44000 Nantes. L’office gère la vente au cadran sur le site www.picartchauveaunotaires.com

[2Kadran Immo, 18 rue Scribe, 44000 Nantes, 02 52 42 00 49, www.kadran.immo

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