Un marché immobilier qui tendrait à se stabiliser ?

L’état du marché immobilier est, depuis plusieurs trimestres, florissant. Sur l’ensemble du territoire, les grandes villes et métropoles affichent une hausse tranquille des prix de l’immobilier dans l’ancien, qu’il s’agisse des appartements comme des maisons. Les derniers chiffres relevés par la note de conjoncture immobilière des Notaires de France, éditée au mois d’avril, constate donc la bonne santé du marché. Si les projections laissent profiler un maintien de cette hausse pour le reste de l’année, le cas de certaines villes peuvent laisser présager une stabilisation du marché immobilier.

L’année 2018 s’est aussi bien terminée que l’année 2017, comptabilisant au total 970 000 transactions. Le quatrième trimestre affichait ainsi une hausse des prix globale de 0,7 %, permettant de constater une augmentation de 3,2 % sur l’ensemble de l’année 2018. S’inscrivant dans une tendance économique mondiale, le marché immobilier français est donc toujours aussi prospère.

Cette hausse généralisée reste toujours plus importante pour les appartements que pour les maisons. Les prix dans les plus grandes villes de province continuent de progresser, avec par exemple une hausse de 6 % pour Rennes et de 8 % pour Lyon. Marseille constate une stabilisation des prix pour les appartements anciens, et Bordeaux, qui voyait ses prix fortement augmenter depuis trois ans, voit cette hausse ralentir. Un constat souhaitable pour le Conseil supérieur du notariat, car ce phénomène était de moins en moins en adéquation avec les revenus moyens de ses habitants et de son marché locatif.
Certaines villes, cependant, voient les prix de l’immobilier baissé, comme Grenoble et Saint-Etienne, ou encore Nancy, Orléans et Reims, qui constatent des baisses de prix comprises entre 2 et 7 %.

Du côté de l’achat des maisons anciennes, la tendance est plus mitigée. Les villes de Lille, Bordeaux, Marseille, Lyon, Nantes Toulouse et Nice notent ainsi une augmentation des prix entre 4 et 9 %, tandis qu’à Douai, Lens, Béthune, Valenciennes et Rouen, les chiffres permettent de constater une baisse de 2 à 6 %. 

C’est cependant du côté du marché de l’immobilier neuf que les incertitudes demeurent. D’une nature instable, avec une confiance mise à mal par la fluctuation des dispositions fiscales, l’approche des élections municipales encourage encore moins les investisseurs. Dans l’attente de l’arrivée des nouveaux maires, de nombreuses autorisations de construction se trouvent en effet gelées.

Néanmoins, les indicateurs avancés jusqu’au mois de mai 2019 semblent confirmer que le marché immobilier va globalement poursuivre sa courbe ascendante. Les évolutions annuelles seraient de l’ordre de +4,4 % en appartements et +2,4 % en maisons. Si Paris et l’Ile-de-France se distinguent une nouvelle fois par une augmentation supérieure à la moyenne nationale (+6,3%), les villes de province resteraient proches de ces prévisions. Toulouse, Bordeaux, Rennes, Nantes et Lyon continueraient de progresser entre 5 % à 10 %, tandis que les chiffres se stabiliseraient à Marseille et Montpellier. 

Les analyses des Notaires de Frances tendraient d’ailleurs à un phénomène de stabilisation, sans pour autant entacher la bonne santé du marché immobilier. En effet, « aucun paramètre à ce jour ne laisse entrevoir un décrochage à court terme » : les taux d’intérêt demeurent historiquement faibles, ce qui permet encore à une nouvelle partie de la population française d’accéder à la propriété ou de s’y projeter. 

L’immobilier reste toujours une valeur refuge, sans que les mouvements sociaux de ces derniers mois ne soient venus perturber ce phénomène.

Le CSN note en tout cas une corrélation entre dynamisme du marché immobilier et bassins d’emploi. C’est en effet lorsque l’on s’éloigne des zones économiques que la situation de l’immobilier ancien se complique. Une fracture qui a donc tendance à se confirmer entre les territoires français. 

Le prochain trimestre nous permettra peut-être déjà de constater un certain assagissement du marché. 

Clarisse Andry

Article initialement publié dans le Journal du Village des Notaires n°76

Partager cet article sur vos réseaux sociaux :