S’informer sur les associations grâce à Internet. Par Sarah-Louise Gervais

Au cours de ces derniers mois, le Journal du Village des notaires a exploré les nouveaux paysages de la philanthropie et du milieu associatif. Cette exploration a permis de découvrir un monde de plus en plus hétéroclite au sein duquel les notaires peuvent s’associer à de nombreux partenaires afin d’orienter les choix de leurs clients souhaitant s’impliquer financièrement dans une action éthique.

Cependant, avant de faire appel à des intermédiaires, comme par exemple les conseillers en philanthropie, le notaire peut défricher en amont la question pour le compte de ses clients grâce au développement des sites internet des associations et des sites d’information qui leurs sont dédiés. La maîtrise de ces sources peut alors constituer un atout important pour fidéliser sa clientèle.

Les sites des associations

Aujourd’hui, à moins d’agir à une échelle extrêmement locale, il est périlleux pour une association de faire l’économie d’un site internet. Nous l’avons constaté lors du premier volet de notre étude sur Internet et les associations (cf. JVN n°28), le don en ligne est un outil désormais simple et privilégié pour percevoir des fonds. Mais au-delà de ce rôle de facilitateur de transactions, le site internet est avant tout la vitrine de l’association. Le notaire, comme le donateur, pourront y suivre quasiment en temps réel l’avancée des projets caritatifs, quelques soit l’endroit de la planète où ils sont mis en place. Ces informations permettent de se faire une idée du niveau de pragmatisme de l’association et de vérifier l’ancrage du projet caritatif dans la réalité au-delà des grandes promesses. Les associations sérieuses se doivent de faire preuve de la plus grande transparence possible en mettant régulièrement à la disposition du public le bilan de leurs actions et surtout le détail de l’affectation des fonds perçus. La confiance, clé de voute de la relation entre donateur et bénéficiaire, commence à s’instaurer dès les premiers clics sur la page de l’organisme.

Cependant, la consultation de ces seuls sites est bien sûr insuffisante puisque les informations fournies sont subjectives et non contrôlées. D’autres sources permettent de vérifier l’impact réel des organismes caritatifs, comme par exemple les sites institutionnels ou d’information, dédiés à l’actualité des associations.

Les sites institutionnels

Souvent négligés, les sites institutionnels sont pourtant de véritables mines d’or tant pour les profanes que pour les professionnels. On n’y trouve, de façon fiable, les dernières actualités sur les évolutions législatives affectant le monde associatif ainsi que des conseils pratiques sur les différents statuts des organismes d’utilité publique. Il permettent par exemple de comprendre les différences entre une association loi 1901 et une association loi 1901 reconnue d’utilité publique, entre une fondation et un fonds de dotation…

S’inscrivant dans cette logique, le site du Secrétariat d’état à la jeunesse et à la vie associative (associations.gouv.fr/) fournit des renseignements précis et à jour sur les changements de la fiscalité des dons aux associations mais aussi sur les innovations du secteur. Très récemment, le site permettait, par exemple, de découvrir le nouveau service "e-création" qui permet, depuis février, de créer et de déclarer son association à distance et de façon entièrement dématérialisée. Dans la même idée, la consultation du site du Ministère du Budget (budget.gouv.fr/) permet de surveiller l’évolution des crédits alloués au secteur associatif. La lecture des annexes de loi de finance initiale permet ainsi de découvrir que pour 2012, malgré une augmentation globale de la dotation du programme Jeunesse et vie associative, l’autorisation d’engagement allouée à l’action Développement de la vie associative était en baisse, passant de 14 080 900 en 2011 à 13 250 100 euros.

Il faut également avoir le réflexe de consulter les sites des observatoires du milieu associatif. Les travaux, publiés le plus souvent à titre gracieux, sont le fruit d’une collaboration entre le monde de la recherche et le monde associatif. Dans l’ensemble, ils sont d’excellente qualité. Des panoramas sont publiés chaque année et font le point sur les secteurs d’actions les plus dynamiques ou qui apparaissent au contraire sinistrés, sur l’évolution de la générosité des français et le comportement des donateurs ...

Les sites d’actualité solidaire

Enfin, les sites d’actualité sur les associations et la philanthropie diffusent un large spectre d’informations. En effet, il ne se limitent pas à la description de l’activité de tel ou tel organisme solidaire mais abordent l’actualité dans son ensemble au travers d’un prisme éthique. Ils sont rédigés par des journalistes et non par des acteurs, partie prenante à une association. Leurs rédacteurs sont néanmoins en immersion dans ce milieu et l’information communiquée est fiable. Ces sites sont vivants puisqu’ils multiplient les support : articles, vidéo, photo, hébergement de blog… L’information est y également diversifiée. On peut suivre l’actualité culturelle, sportive ou politique... La dimension économique est également bien présente puisque ces sites font la part belle à l’entreprenariat social. Cette nouvelle génération de média offre par conséquent un panorama particulièrement adapté aux clients souhaitant s’impliquer au-delà du simple don.

Aux Etats-Unis, de tel magazines en ligne sont nombreux. La communication sur la philanthropie est institutionnalisée et inscrite de longue date dans la mentalité anglo-saxonne. La transparence des actions est également accrue. En revanche, en France, ce type de journal commence tout juste à voir le jour. Ce n’est donc pas encore grâce à ce vecteur que l’information est la plus facile à trouver, mais leur développement rapide devrait palier très rapidement cet écueil.

Au terme de cet aperçu des différentes manières de rechercher des informations sur les associations grâce à Internet, on constate que les sources sont aussi diversifiées que riches. Même si la fiabilité de ces renseignements reste variable, ce phénomène traduit un effort de transparence des organismes caritatifs. Par ailleurs, la multiplication des sites d’actualité sur la philanthropie révèle un véritable changement des mentalités et des pratiques. On ne se trouve plus face à un monde austère, semblant guidé par une démarche rédemptrice. Au contraire, on assiste à un effacement de la frontière qui plaçait bénéficiaires et donateurs de chaque côté d’une ligne étanche, pour inscrire l’action éthique sur terrain de synergie, une véritable vision du monde au travers du prisme de la solidarité.

Cet article a été publié dans le Journal du Village des Notaires n°30.

Sarah-Louise Gervais
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