Rencontre avec Astrid de Benoist, commissaire-priseur chez Tajan.

Dans quels cas collaborez-vous avec des notaires ?

En tant que maison de vente volontaire, le contact qu’on peut avoir avec les notaires a lieu à l’occasion d’inventaires. Cela peut venir de la volonté des héritiers qui demandent à ce que tel ou tel commissaire-priseur intervienne pour effectuer la prisée, ou bien du notaire lui-même qui connaît notre maison. Dans ce cas nous intervenons en tant que sachant et notre valorisation est indexée à l’acte notarié. Nous pouvons également être contactés parce qu’il existe dans le patrimoine du défunt une œuvre qui est un jour passée en nos murs et pour laquelle on nous demande une actualisation de la valeur, ou parce que les héritiers demandent expressément que Tajan soit en charge de la vente. La prisée que nous effectuons se fait à titre gracieux, il s’agit d’un échange de bons procédés puisqu’on espère que s’il y a une vente, elle se fera chez nous.

Arrive-t-il que certains clients vous demandent d’autres types de services dans le cadre d’une expertise ou d’une estimation ?

Il arrive que des personnes souhaitent se faire une idée de leur patrimoine à un moment donné, parfois en vue d’assurance. C’est un travail très agréable que de voir l’objet dans son intérieur, connaître le cheminement de celui-ci à travers les générations, comprendre ce qui a motivé son achat, sa transmission. Le métier de commissaire-priseur demande tout autant un amour des objets que des gens.

Comment procédez-vous pour préparer une vente ?

Très concrètement, nous photographions l’objet, nous affinons sa fiche descriptive et nous mettons en page le catalogue de vente, qui existe en format papier, mais aussi en ligne. Les notices du catalogue sont bien évidemment traduites pour nos nombreux acheteurs étrangers. Il y a là un travail d’édition pour que l’ensemble soit harmonieux et donne envie d’aller plus loin ! Puis vient le travail de communication afin que les acheteurs reviennent vers nous pour demander des précisions, des rapports de conditions. Depuis que les ventes sont publiées sur internet, il y a eu une accélération du rythme de travail et du flux de demande, ce qui est très positif mais implique une grande réactivité. Chez Tajan, il existe plusieurs départements correspondant à différents domaines artistiques : tableaux et dessins anciens, mobilier et objets d’art, art impressionniste et moderne, vins et spiritueux, bijoux et montres, art contemporain, arts d’Asie, etc…. Nos clients ont ainsi la chance de rencontrer avec beaucoup de facilité et d’efficacité des spécialistes qui sauront les conseiller dans leur acte d’achat ou de vente aux enchères.

Ensuite, nos ventes ont lieu à l’Espace Tajan 37 rue des Mathurins dans le 8è arrondissement, mais les acheteurs ont plusieurs possibilités : ils peuvent soit enchérir directement en étant présent en salle au moment de la vente, soit laisser des ordres d’achat qui sont tenus par le commissaire-priseur au moment de la vente ou bien se faire appeler pendant la vente par un collaborateur de Tajan qui enchérira pour son compte L’amateur peut également enchérir de chez lui sur internet, toutes nos ventes étant retransmises en live.

Avez-vous déjà eu de belles découvertes quand vous êtes appelé pour un inventaire ?

Dans ma vie de commissaire-priseur, je pense à un album de photographies anciennes, représentant des arbres qui nous avait été présenté par un amateur qui faisait les vide-greniers et l’avait acquis 5 €. J’ai montré l’album le soir même à l’expert qui tournait les pages bouche bée. Il s’est révélé que l’album contenait des photographies prises par Constant Alexandre Famin qui s’est vendu plus de 140 000 €.

Propos recueillis par Jordan Belgrave

Article initialement paru dans le Journal du Village des Notaires n°63

Partager cet article sur vos réseaux sociaux :