Quelles associations pour la protection animale et de l’environnement ?

Le spectre des associations et des fondations oeuvrant pour la protection animale et l’environnement est extrêmement large autant du point de vue de leur structure que de leur objet. Si ce n’était pour les besoins de la typologie, il serait difficile de distinguer les deux catégories, milieux et faunes étant
intimement liés.

Certaines associations défendent des causes très spécifiques telles que les animaux thérapeutes, la protection d’une espèce menacée dans une région, la lutte anti-corrida,…
D’autres, au contraire, agissent en se plaçant sous l’égide d’un axe de travail plus général comme la préservation de la biodiversité, la lutte contre le réchauffement climatique et abritent souvent en leur sein plusieurs associations, chacune étant alors chargée d’actions de terrain plus concrètes. Autre spécificité du monde associatif pour la protection animale et de l’environnement, en plus de la qualification « reconnue d’utilité publique », certaines associations peuvent bénéficier d’un agrément de l’Etat qui leur permet d’ester en justice et de représenter la société civile dans les débats officiels sur le développement durable.

Associations agréées

Les associations œuvrant pour la protection de l’environnement sont des acteurs majeurs de la société civile. De ce fait, au titre de l’article L 141-1 du code de l’environnement, elles peuvent bénéficier d’un agrément afin de pouvoir représenter légitiment la société.

L’association pourra alors par exemple agir en justice devant les juridictions administrative ou pénale si une infraction porte atteinte aux causes qu’elle défend ou participer à des débats officiels sur l’écologie et le développement durable, comme ce fut par exemple le cas lors de la COP21.

Pour obtenir ce précieux sésame, il convient de déposer une candidature auprès de la préfecture du département du siège social de l’association, « d’être déclarée depuis au moins 3 ans, d’avoir pour objet inscrit dans ses statuts la protection de l’environnement » (par exemple, protection des forêts, du littoral…), « d’exercer effectivement des activités liées à la protection de l’environnement, de répondre à un objet d’intérêt général, de présenter un mode de fonctionnement démocratique, de respecter des règles de nature à garantir la transparence financière ».

Cet agrément est un outil important pour les associations. Pour les donateurs, il constitue un gage supplémentaire du sérieux de la structure. A titre d’exemple, voici quelques associations bénéficiant de cet agrément à l’échelle nationale : la Ligue pour Protection des Oiseaux (LPO), la Fédération Française de Spéléologie, Générations Futures, Greenpeace France, Fédération Nationale des Chasseurs, …

La LPO
Fondée en 1912, la LPO a désormais plus de 100 ans d’expérience dans la protection des oiseaux. La structure a été initialement créée pour défendre à l’échelle locale une espèce mis en danger par l’homme, les macareux moines sur l’archipel des Sept-Iles au large de Perros Guirec.
Ce combat a permis la création de la première réserve ornithologique de France. Aujourd’hui, l’association fait partie du réseau Birds Life International et agit dans le monde entier.

En France, l’association a un maillage dense et exerce ses actions par l’intermédiaire d’associations locales, de groupes, de relais et d’antennes. Elles agit au travers de différents axes : la protection des espèces, la préservation des espaces, l’éducation et la sensibilisation du public, la défense juridique de la nature.

Les associations spécialisées

La Fédération française des associations chiens guides d’aveugle
La FFAC n’oeuvre pas directement pour la protection des animaux ou de l’environnement. En revanche, en contribuant à renforcer les liens entre les animaux et les hommes, elle souligne leur interdépendance. Reconnue d’utilité publique, la fédération regroupe des écoles de chiens guide d’aveugles, une association des maîtres chien et un centre d’élevage.

En remettant gratuitement un chien guide à des personnes handicapées visuelles, elle permet de retrouver une indépendance.

L214
Animaux terrorisés, non étourdis, saignés à vifs dans les abattoirs des Pyrénées atlantiques… les vidéos divulguées par l’association L214 n’épargnent rien au spectateur sur les sors des abattoirs qui, pour leur part, n’épargnent rien aux animaux. L’objet de l’association est d’alerter sur le sort des animaux utilisés dans la production alimentaire en révélant leurs conditions d’élevage, de transport, de pêche et d’abattage.

Au delà de la cause défendue, l’exemple de l’association L214 est intéressant car il témoigne d’une nouvelle façon de sensibiliser le public. Les associations utilisent désormais les codes de la communication des entreprises en utilisant des courtes vidéo très relayées sur les réseaux sociaux.

Les associations anti corrida
S’il est un sujet qui agitent autant les repas de famille en France que la consommation de viande, c’est la corrida. Spectacle culturel séculaire à préserver ou pratique cruelle et archaïque à combattre, la tauromachie soulèvent de nombreuses questions. En France, plusieurs associations luttent pour sa suppression, comme par exemple la FLAC, la CRAC, l’Alliance anti corrida. Ces associations ont essentiellement un rôle de lobbying en sensibilisant le public à la cruauté du traitement des animaux lors de ces combats et l’impact que le spectacle peut avoir sur les enfants.

Elles interviennent également auprès des élus pour faire évoluer les lois. Ces associations vivent essentiellement de dons mais ils convient de souligner qu’elles ne sont pas toutes reconnues d’utilité publique et de ce fait ne permettent pas forcément de bénéficier des mesures d’incitation fiscale.

Il conviendra donc d’étudier la question par exemple avec un notaire avant de procéder à des versements importants.

Les associations généralistes

France Nature Environnement
France Nature environnement est un acteur majeur de la préservation de l’environnement depuis 1968. Reconnue d’utilité publique en 1976, elle abrite aujourd’hui 52 associations locales qui mènent des actions de terrain. Ses combats s’organisent autour de différents axes : OGM, biodiversité, pollution, mer et littoral. L’association combat notamment le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes.

Il existe plusieurs façons de soutenir l’association. Les dons, legs et donations sont bien sûr possibles mais l’association propose également aux bénévoles de rejoindre les associations locales, de devenir éco-volontaire, d’animer un stand lors d’opération de sensibilisation, de participer à la réalisation d’inventaires naturalistes, de veiller à l’application des textes législatifs…

Ainsi, en fonction des envies de chacun et du temps dont il dispose, chaque volontaire pourra trouver le mode de soutien qui lui convient le mieux.

WWF
Avec son panda emblématique, WWF est une structure dont la notoriété n’est plus à faire. Implantée depuis 1961 dans le paysage associatif, le fond mondial pour la nature sauvage soutient plus de 1300 projets environnementaux à travers le monde. En France, l’association lutte notamment pour la préservation du milieu humide de la Camargue.

En effet, l’éco-système des marais est perturbé par l’activité humaine (pollution, aménagement des côtes…) ce qui entraîne la prolifération de certaines espèces et la disparition d’autres. Pour rétablir l’équilibre, l’association travaille avec les populations locales.

A ce projet de longue haleine, s’ajoutent des missions plus ponctuelles comme le nettoyage des plages, des campagnes de sensibilisation du public sur différents aspects du développement durable.

La Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme
La Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme a pour objet « d’assurer la préservation du patrimoine naturel commun, le partage équitable des ressources, la solidarité et le respect de la diversité sous toutes ses formes ». Derrière cette ligne de conduite théorique se trouve une multitude de projets de terrain très concrets et divers comme la mise en place des filières de recyclage des déchets électroniques dans deux écoles, deux entreprises et une ambassade au Maroc par un jeune homme de 15 ans ou encore le développement de la fibre de jute à la place de la fibre de verre pour la construction des bateaux au Bangladesh par un ingénieur français. Autre point à souligner, l’association affiche clairement sur son site internet la répartition des dons qu’elle perçoit ainsi que ses rapports annuels, autant de mesures qui pourront rassurer le donateur sur l’effectivité de son geste.

Ainsi, le paysage associatif pour la protection animale et l’environnement apparaît extrêmement divers. Au delà de la pluralité des causes à défendre, il fait coexister toutes les tailles de structures, de l’association très locale de protection des chats dans un village aux associations multinationales tel que WWF. Grâce à cette hétérogénéité, chaque donateur pourra trouver la structure qui lui convient le mieux pour effectuer un don ou un legs, voire pour s’engager en tant que bénévole. Il pourra à cette occasion être accompagné dans sa démarche par un notaire qui au delà du montage juridique saura l’orienter en fonction de ses affinités.

Sarah-Louise Gervais

Partager cet article sur vos réseaux sociaux :