Professions libérales et réseaux sociaux en ligne : la possibilité d’industrialiser le bouche à oreille ?

LinkedIn, Viadeo, Facebook, les réseaux sociaux ne cessent de tisser leur toile sur le net… Certains sont à caractère professionnel comme Linkedln et Viadéo, d’autres plutôt orientés "perso", comme Facebook ou Copains d’avant où les internautes assidus n’hésitent pas à afficher un palmarès de 300 friends…

Seulement voilà, comment dissocier les sites réseaux perso, des sites plus professionnels ? A partir du moment où l’on se trouve "googliser", des fiches de Facebook, Copains d’avant ou LinkedIn peuvent simultanément s’afficher. Ainsi, la frontière entre vie privée et vie professionnelle est très ténue. Voire inexistante. Dès lors, Internet nous forcerait-il à utiliser notre vie privée comme vitrine ? Pour les professionnels du conseil, cette question mérite d’être posée…

D’après une étude de Martindale-Hubbell, 54 % des avocats seraient inscrits à un site de réseau en ligne, mais moins de 10% estiment que ces sites les aident à travailler de façon plus rentable. 42% d’entre eux reconnaissent toutefois que le fait de pouvoir étendre leur réseau relationnel en ligne est plutôt utile et distinctif. Martindale-Hubbell l’a compris et vient de conclure un accord avec LinkedIn pour permettre aux clients d’avoir une source d’information plus riche sur les avocats, en croisant notamment les informations de l’annuaire martindale.com avec les relations personnelles visibles sur LinkedIn. Cette interactivité relationnelle permet d’éventuelles recommandations et de dynamiser le bouche-à-oreille.

Intérêt évident des sites relationnels : le bouche-à-oreille !

Martindale-Hubbell considère que pouvoir consulter le réseau professionnel d’un avocat permet aux clients d’obtenir quelques informations pertinentes. Ils pourront notamment se faire une idée plus précise du champ de son intervention et de ses catégories de clients. Mais, gare au mauvais buzz… Car il semblerait que les buzz négatifs aient plus d’impact que les buzz positifs…

Mais, faut-il se contenter des réseaux en ligne professionnels ou utiliser les sites a priori plus personnels ?

Facebook vs un site professionnel

D’après les spécialistes, les sites à caractère professionnel sont souvent moins interactifs et possèdent moins de fonctionnalités que les sites comme Facebook. Ainsi, le "facebookage", s’apparentant de prime abord à un simple trombinoscope, possède en fait des ressources insoupçonnées pour améliorer l’organisation de son travail :
- un moyen plus naturel de prendre contact avec ses anciens collègues ou ses éventuels clients
- le partage de toute sorte d’actualité grâce aux flux RSS, aux notes, aux "murs" etc.
- la possibilité d’organiser des évènements avec un système d’invitations
- ou de mieux connaître les loisirs et les goûts de ses clients, et d’améliorer ainsi son CRM.

Problème : faut-il vraiment être ami avec ses clients ? Voire pire : fusionner sa vie privée avec sa vie professionnelle ? L’intrusion peut être vite étouffante. Pour cela, il faut veiller à utiliser ces outils conviviaux, dans un style très professionnel…

Comment utiliser Facebook tout en préservant sa vie privée ?

Voici quelques pistes de réflexion pour utiliser Facebook de façon professionnelle…

- possibilité de créer un profil professionnel, en plus d’un profil personnel. Seul hic : faire en sorte que ces deux réseaux soient bien étanches. Car certains de vos amis peuvent se retrouver dans les deux réseaux, ce qui peut créer une confusion et vous empêcher de maîtriser les informations diffusées sur votre espace professionnel.

- attention au réseau factice : vous pouvez être tenté sur Facebook de collectionner les amis ou les groupes. Or sur un profil professionnel, vos contacts doivent être davantage qualitatifs et pertinents.

- limiter les applicatifs : de nombreuses applications sont proposées sur Facebook, mais ont souvent un caractère ludique. Dès lors, il est préférable d’en faire un usage modéré, au risque de voir son profil taggé par des informations pas du tout professionnelles…

- possibilité d’utiliser des applications à usage professionnel : Task Master (pour gérer ses priorités), My resume pour diffuser son CV, my company hiring pour recruter, slideshare pour partager vos powerpoints…

- transformer votre espace en une vitrine de votre site pro ou de votre blog : il est possible sur votre profil de diffuser les flux RSS de votre blog, pour y faire figurer les derniers articles que vous avez écrits.

- spécialiser votre profil : indiquer clairement vos spécialités dans votre description. Car à vouloir être trop généraliste, on finit par être noyé dans la masse…

Les réseaux sociaux professionnels ou personnels sont donc des facilitateurs de liens dont il serait dommage de se priver.
D’ailleurs, si l’on écoute la nouvelle théorie de l’américaine Ronne Freedman (la prêtresse de la marque Weight Watchers), le 1er stade du marketing relationnel commence comme dans une "love affair" : c’est au moment du meeting que l’on doit être le plus attractif (source : http://pierre-philippe.blogspot.com...).

D’après elle, les marques doivent utiliser davantage le cerveau droit… Mais, quand on lui demande si les nouveaux outils relationnels comme Facebook peuvent améliorer la relation client, Ronne estime qu’ils augmentent terriblement les possibilités de partenariat, mais qu’il faut rester prudent, très prudent…

Les réseaux sociaux ne font pour l’instant appel qu’au cerveau gauche. Ils affichent un portefeuille de contacts intéressants, mais demain, peut-être que les avocats accentueront davantage l’aspect personnel… Il va falloir apprendre à aimer ses clients !

Promis, nous vous développerons la théorie de Ronne Freedman au prochain article…

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