Les banques dans l’économie d’une année d’élections : Aux aguets, vont-elles permettre le succès de la politique nouvelle ?

Au mois d’août 2007, les banques françaises viennent d’admettre que certains fonds spécialisés en placements américains enregistrent des pertes telles qu’il n’est plus possible de coter ces derniers.

Le quotidien « Les Echos », relayé par le fameux « Canard enchaîné », édite les propos d’un responsable de gestion d’actifs d’une banque : « Aujourd’hui, il n’y a plus de prix. Personne n’aurait anticipé que des segments entiers du marché américain de la titrisation seraient subitement asséchés ».
Durant la première quinzaine du même mois, pendant la période estivale, et alors que de nombreux français étaient partis en vacances la tête pleine d’espoirs nés du résultat des élections deux mois avant, les cours des actions des plus grandes banques françaises ont enregistré des chutes en cascades sur plusieurs jours consécutifs.
Jean Claude TRICHET, Président de la BCE (Banque Centrale Européenne), n’aurait cessé d’annoncer, selon la même source et ce depuis des mois, que le système financier international s’affolait.

L’explication de ce phénomène est simple : pour maintenir une offre de crédit attrayante, les banques auraient « externalisé » leurs risques au travers de structures intermédiaires, y répartissant ceux-ci au moyen d’outils financiers spécifiques.
Le « risque » devant s’acheter et/ou pouvant alors se « revendre », des SICAV monétaires dites « dynamiques » ont vu le jour, puis donné naissance à une difficulté majeure de pouvoir mesurer celui-ci, d’anticiper les effets à venir, lesquels devaient tôt ou tard « se payer », tel que selon un processus récurrent en la matière.

L’histoire des spéculations en va ainsi, se reproduit, identique à elle-même, selon un inéluctable cycle de fonctionnement ; seul les motifs de ces processus diffèrent d’une époque à l’autre, alors que le résultat doit faire son office un jour comme s’il existait une forme de justice naturelle : il faut payer en cas de défaillance.

En conséquence, pour la seconde quinzaine du mois d’août, les banques centrales procèdent à l’injection massive de liquidités, ralentissant ainsi le processus négatif ou catastrophique constaté les jours précédents.

Selon l’analyse financière reprise par plusieurs esprits « éclairés » ou « affranchis », les entreprises en difficulté auront en conséquence plus de mal à financer leurs besoins en fonds de roulement. Il en irait de même pour celles souhaitant opérer leur introduction en bourse.
Le second effet de ces pertes et de ces injections de liquidités réside dans le renchérissement prévu du coût des crédits immobiliers. Or il se trouve que la BCE annonçait déjà un relèvement de ses taux et en conséquence une augmentation du coût des crédits.
Outre le fait que les banques vont faire payer plus cher l’argent qu’elles prêtent, les analystes des risques devront, comme usuellement, restreindre le spectre des risques par la demande de plus de garanties pour se couvrir.

Ce phénomène, dont il serait candide de dire qu’il est surprenant, tellement les relations de cause à effet dont il est induit et qui en résultent ne peuvent que se reproduire de façon récurrente, nous ramène à différents thèmes de chroniques précédemment parues dans la REVUE DES NOTAIRES, respectivement en janvier, avril, puis juillet 2007, et qui posent les questions suivantes : « 2007 : expansion ou récession ? », « Fiscalité du travail ou fiscalité du patrimoine : que choisir ? », « les mesures gouvernementales... ».

En fait tous ces points sont liés entre eux, et dans une période de crise, tout un chacun se demande quel est le produit d’investissement le plus opérant.
La fiscalité du patrimoine est plus attractive que celle du travail. Il faut donc créer son patrimoine, et pour cela, investir.
Pour transformer cette fiscalité, il faut que celle-ci soit suffisante, et le travail reste un impératif, passant par le devoir de réaliser des bénéfices.
Or il se trouve que ce raisonnement vaut tout autant pour une société que pour une personne physique travaillant en profession libérale, pour une S.E.L., ou encore plus simplement pour un individu salarié.
Pour assurer ses propres placements de façon optimale en conservant à ceux-ci un aspect sécuritaire, il faut alors envisager le recours à l’emprunt pour se tourner vers l’immobilier.
L’immobilier, enfin est lié à l’intérêt à agir que ressent l’acquéreur.
Ainsi, qu’il s’agisse d’avoir l’opportunité d’acquérir sur le fondement des lois mises récemment en place par le Gouvernement actuel et par l’intermédiaire de Madame BOUTIN, Ministre du Logement (dont les objectifs affichés furent analysés dans l’une des REVUE des NOTAIRES sus citées), ou qu’il s’agisse de profiter d’une loi de défiscalisation y étant liée également, le taux du crédit et le regard des banques sera primordial.

La moindre crise se pointe à l’horizon, et on peut enregistrer un arrêt de la hausse des prix de l’immobilier lors du ralentissement du nombre des acquisitions. S’il s’y combine une augmentation des taux bancaires, il importe de ne pas attendre pour acquérir, puisque les conditions s’empirent. A contrario, il est sage d’attendre une baisse des prix ou de choisir des produits dont les prix permettront une plus-value dans les décennies à venir.
S’il existe quelques raisons pour attendre, il y a des motifs fondés pour ne surtout plus attendre.

Alors que faire ?
Une chose est sûre : il ne faut pas attendre qu’une loi votée dispose qu’un planché minimum d’impôt soit mis en place pour tous, tout autant qu’il ne faut pas attendre que les taux bancaires retrouvent leurs niveaux passés.
Tout étant cyclique, il faut conserver en mémoire qu’il n’y a pas si longtemps, les taux d’emprunt s’établissaient autour de 11% par an. Il faut aussi ne pas s’effrayer outre mesure de l’augmentation des taux : celle-ci était accompagnée d’une croissance forte.
Il faut donc rester circonspect quand des courbes ne sont plus en phase, car les taux ci-dessus cités correspondaient à un coefficient d’érosion monétaire d’environ 2 à l’échelle des dix années précédentes en référence. Les prix de l’immobilier étaient réputés prendre plus que le double de leur valeur en dix années.
Après que ce même coefficient ait chuté à 1,2 pour les mêmes dix années en référence, les prix de l’immobilier, après avoir suivi une courbe de prise de valeur moins forte, ont repris leur ascension. Ces prix ont un taux de croissance fort à ce jour, et les professionnels ont une tendance à vouloir présager une stabilité, ou une continuité de sa croissance, plutôt qu’une baisse.
De nombreux étrangers s’intéressant à la France, et la demande étant colossale pour le besoin des français eux-mêmes, on peut gager qu’il n’y aura pas de ralentissement fort des dits prix pour les périodes proches.

Mais de tout ce qui précède, et sachant que les taux bancaires ont effectivement enregistré une légère hausse, il est clair qu’il faut acheter son immobilier fiscal durant les quelques mois à venir.
Cette opportunité est d’autant à analyser que, le 9 septembre, le gouvernement, au travers de la voix de son Premier Ministre Monsieur FILLON, a déclaré que le dossier concernant la réforme des régimes spéciaux de retraite était prêt.
Dès lors, il n’attend plus que le feu vert qui serait lancé par le Président Monsieur SARKOZY pour entériner le processus de changement souhaité.
Dans ce contexte, de nombreuses familles auront à se poser la question des régimes complémentaires à envisager, lesquels impliquent l’analyse de systèmes d’assurance ou de mutuelles, voire, justement, de constitutions patrimoniales privées.
La liaison est ici faite, puisque les montages actuels non encore touchés sont disponibles sur le marché au titre de l’année 2007.
La rétroactivité fiscale n’étant heureusement pas de mise en la matière et dans notre système de fonctionnement, il s’agit alors peut être de ne pas oublier que « ce qui est pris n’est plus à prendre ».

Marc LE NEZET, Président du Groupe MLN

Paru dans "La Revue des Notaires"

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