Interview de Natacha Harry, Présidente de la Société Protectrice des Animaux

La rédaction du Village des notaires a rencontré Natacha Harry, Président de la Société Protectrice des Animaux (SPA).

Pouvez-vous nous présenter la SPA, ses valeurs, ses objectifs ?

La Société Protectrice des Animaux (SPA) a été créée en 1845 par le docteur Etienne Pariset, qui en est devenu le premier président.

Le premier combat de la SPA consistait à protéger les chevaux maltraités par leurs cochers dans les rues de Paris. Mais très vite son action s’est étendue aux autres animaux, avec en premier lieu nos plus proches compagnons que sont les chiens et les chats.

Aujourd’hui, l’action de la SPA consiste d’abord à recueillir et protéger les animaux abandonnés et maltraités. Nos combats incluent aussi le refus de l’exploitation des animaux par l’homme qui amène trop souvent à de mauvais traitements.

Nous voulons également expliquer au public que faire entrer un animal dans son foyer est un acte important qui suppose des responsabilités.

On ne peut choisir un animal et le rejeter ensuite dès lors qu’il ne semble plus présenter aucun intérêt.

Depuis 170 ans, la SPA œuvre ainsi au bien-être des animaux.

Quelles actions menez-vous pour atteindre ces objectifs ?

Depuis juin 2013, de nombreux projets ambitieux se développent à la SPA.

Parmi ceux-ci : faire en sorte que l’adoption responsable devienne un réflexe chez les futurs adoptants. La SPA veille plus que jamais à ce que cet engagement soit mûrement réfléchi pour éviter un nouvel abandon.

Le développement des Familles d’Accueil constitue un autre objectif important pour la SPA.

Ce placement définitif permet aux animaux présents dans nos refuges depuis trop longtemps et/ou souffrant d’un handicap ou d’une pathologie, d’avoir une chance de vivre quand même dans un foyer chaleureux. Pour cela, la SPA reste propriétaire de l’animal et prend en charge ses soins vétérinaires et son alimentation.

Mais il y a aussi l’ouverture d’un nouveau refuge destiné aux équidés qui jusqu’alors ne pouvaient être recueillis par la SPA. Le Grand Refuge, basé dans l’Orne à Pervenchères (61) est un lieu unique de 100 hectares entièrement dédié au bien-être des animaux et à la cause animale.

Une centaine de chevaux, ânes et poneys, victimes d’actes de maltraitance et/ou sauvés de l’abattoir y sont d’ores et déjà hébergés.

Sans oublier bien-sûr la création des Maisons SPA, situées en centre-ville afin de devenir à la fois des lieux d’information et de pédagogie pour le public et de présentation sous forme de vidéos ou de photos des animaux à l’adoption dans les régions limitrophes.

Les premières Maisons ont ouvert à Valence et Ajaccio en début d’année.

L’association a également entrepris un grand plan de rénovation de ses sites.
De plus, la lutte contre la maltraitance reste un objectif prioritaire de l’association. La cellule anti-trafic et le service enquêtes œuvrent au quotidien pour défendre les animaux et démanteler les trafics.

Aujourd’hui l’association, forte de 3 000 bénévoles et 600 salariés, poursuit son action au quotidien sur le terrain grâce à ses 60 refuges et Maisons SPA et ses 12 dispensaires, et milite activement pour faire évoluer la condition des animaux. Elle recueille chaque année 45 000 animaux, et en soigne 130 000. En 2014, 34 365 chiens et chats ont retrouvé une famille.

Quelle est l’incidence pour votre association suite au changement de statut juridique de l’animal désormais considéré comme un être vivant doué de sensibilité ?

Le changement dans le Code Civil du statut juridique de l’animal constitue une avancée symbolique pour la protection animale. L’animal est enfin reconnu comme un « être vivant doué de sensibilité » dans les trois codes traitant du sort des animaux en France.
La SPA se réjouit de voir les mentalités évoluer à la suite de ce changement, mais nous devons chaque jour à la SPA veiller à ce que les maltraitances animales soient systématiquement et lourdement punies. Aujourd’hui des milliers d’animaux sont encore victimes de cruauté et de violences insupportables. La SPA se porte régulièrement partie civile avec plus de 400 plaintes déposées chaque année pour que la loi sanctionne sérieusement les coupables. Le combat que nous menons pour les animaux se mène au quotidien.

Propos recueillis par la rédaction du Village des notaires.

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