Immobilier : vers un marché en pleine résilience ?

L’analyse de la conjoncture immobilière période COVID se poursuit pour les notaires de France, avec la note de juillet 2020 qui s’interroge sur le passage au 30 juin 2020 à un « nouveau jalon » ?

Les notaires, comme prévu dans leurs précédentes études, constatent bien un effet de reprise instantané, notamment concernant les volumes. Ils nuancent toutefois en précisant, comme ils l’indiquaient déjà précédemment, qu’il s’agit plutôt là « de la concrétisation d’affaires initiées avant le blocage de l’activité. »

Un atterrissage de la hausse des transactions.

La situation globale est notable, mais prévisible, selon eux car cette année correspond à la première année, depuis 5 ans, où l’évolution sur un an des volumes de transaction est négative. Elle atteint en effet 1,2 %. Ce sont surtout des forces exogènes, liées à la crise, qui sont à l’œuvre, plus que des éléments du marché lui-même.

Ceci dit, les notaires analysent plus en profondeur les tendances de l’immobilier, en s’arrêtant tout particulièrement sur l’observation des chiffres arrêtés à mars, qualifiée « d’instructive », et décrivent les axes suivants :

  • Le nombre de transactions, bien qu’important, est en baisse : il s’établit ainsi à 1.037 .000 en mars contre 1.065.000 à fin décembre 2019) ;
  • Il convient de relativiser cette baisse car elle fait suite à plusieurs années de hausse ininterrompue ;
  • Finalement, les notaires estiment que cette évolution confirme que le marché immobilier a bien atteint un plafond et s’oriente plus sûrement vers « une tendance plus générale d’atterrissage de la hausse du nombre de transactions. »

Qu’en est-il des prix ?

La note décrit la surprise des notaires lesquels soulignent l’« insolente performance » des scores sur ce terrain. Sur un an, on note ainsi une hausse de 5%, avec un rééquilibrage de la hausse en faveur des maisons (+ 4%) par rapport à celui des appartements (+ 6,3%), traditionnellement plus marquée pour ces-derniers.

Géographiquement parlant, la tendance à la hausse se généralise, maison et appartement confondus. La note souligne les évolutions positives, et de plus grande ampleur, des grandes villes de province. Les territoires de l’Ouest confirment leur dynamisme enregistré courant 2019.

A la question d’un « paradoxe anxiogène », les notaires de France répondent qu’il s’agit d’une confusion liée à la comparaison des prix datant de la période avant confinement, par rapport aux volumes immédiats d’après confinement. L’importance de cette note se trouve dans l’arrivée au « point d’étape » envisagé dans la précédente : le « rebond technique a eu lieu et des transactions sont constatées à des prix d’avant-confinement. De même les avant-contrats enregistrés pendant cette période, et immédiatement après celle-ci, reflètent encore l’attitude de candidats à l’acquisition, disposant de références et engagés dans une décision d’achat d’avant-confinement. » Il convient donc de rester prudent face à ces prix. Les auteurs précisent que la tendance semble aller vers une « accalmie de cette tendance générale haussière », sans pour autant pouvoir le dire avec certitude. Selon eux, « il faudra attendre septembre pour affirmer une tendance. »

Cette orientation est considérée comme saine par les notaires car elle permet au marché d’ « amorcer une tendance naturelle de ralentissement de hausse des prix, face à des volumes légèrement fléchissants. » La note actuelle et le paysage immobilier qu’elle dépeint constitue donc « un véritable palier de conjoncture immobilière. »

Vers un nouveau départ ?

Belle éclaircie dans le ciel incertain de cette période d’épidémie et de crise économique, le marché immobilier connait une « remarquable résilience. » C’est le public en premier lieu qui a la main pour faire repartir la machine : les notaires sur tout le territoire témoignent « de la très forte appétence du public pour l’acquisition immobilière. »

Comment cela peut-il s’expliquer ? Par de multiples raisons :

  • Changement de logement après le confinement ;
  • Sécurisation d’économies pour éviter une mésaventure des marchés financiers ;
  • Nouvelle fiscalité ;
  • Apparition d’un apport supplémentaire après les économies réalisées pendant le confinement.

La pierre garde son pouvoir d’attraction grâce à la sécurité qu’elle apporte, et au complément de revenus qu’elle pourrait un jour représenter. Dans ce contexte, c’est l’indice de la confiance des ménages qui remonte, auparavant victime d’une « baisse historique » durant le confinement. Les notaires croient voir dans cette crise épidémique et sociale une « catharsis » qui a amené la population à avoir envie de « davantage croire en son avenir », bien que les menaces sur le chômage restent présentes à l’esprit. Toujours est-il que cette prise de conscience permet un recentrage des priorités des Français vers la nécessité d’assurer la qualité de son logement, et ce de manière encore plus évidente qu’avant. Les prix, potentiellement assagis sur le court terme, peuvent encore renforcer cette tendance.

Retrouvez l’intégralité de la note ici.

Et nos autres compte-rendus des notes de conjoncture immobilières :

Par Simon Brenot pour la rédaction du Village des Notaires

Partager cet article sur vos réseaux sociaux :