[(oogle DFP pour 2 pubs]

Immobilier et digital : les nouveaux outils au service des notaires.

Secteur majeur de la profession, de nombreux acteurs se sont spécifiquement intéressés à l’immobilier pour proposer aux notaires des outils pour les accompagner dans leurs activités. Plateformes, mises en contact, outils de communication… le digital est alors un bon moyen de valoriser le notaire sur ce marché en croissance et toujours plus concurrentiel.

L’immobilier comme marché favorable à l’innovation

L’immobilier occupe incontestablement une place centrale dans l’activité des études. C’est donc naturellement que les start-up et nouveaux prestataires se sont concentrés sur ce secteur pour proposer de nouveaux services aux notaires. Preuve en est, les quatre start-up accueillies au 113ème Congrès des notaires dans un espace réservé : toutes, avec des offres différentes, sont en lien avec l’immobilier.
Déjà présent aux précédentes éditions, Antoine Huvé, fondateur de Cherchemonnid.com, était de retour à Lille cette année. Sa plateforme permet aux particuliers, avec un projet immobilier concret, de contacter l’ensemble des professionnels, dont les notaires, présents dans leur secteur de recherche. Ceux-ci reçoivent alors directement les demandes clients, et peuvent gratuitement répondre à trois clients par mois - sans contrevenir à leur déontologie : le client étant en position de demande, il ne s’agit donc pas de démarchage. D’autres fonctionnalités sont ensuite disponibles sous abonnement. « Il était important pour nous d’intégrer les notaires dans cette démarche, car la négociation est une activité qui s’est développée au sein des études ces dernières années, explique Antoine Huvé. Les notaires ont d’une part accès à des biens qui ne sont pas forcément diffusés sur le marché, et ils tiennent aussi le rôle d’agent immobilier dans les zones plus rurales. » L’objectif est ainsi de fournir un service d’accompagnement aux particuliers, et de mettre en avant les professionnels. « Notre conviction est d’affirmer qu’un particulier qui recherche un bien a tout intérêt à passer par un professionnel. Nous permettons également aux notaires d’accéder à toutes les demandes clients sur le territoire national : beaucoup d’entre eux se retrouvent à gérer des biens en succession, qui ne sont pas forcément proches de leur étude. Avec notre plateforme, ils peuvent par code postal accéder à toutes les demandes clients, ce qui leur permet de voir si des clients potentiels pourraient être intéressés. » Un moyen donc de dynamiser son activité immobilière, de toucher plus de clients et de mieux répondre à leurs attentes. Car c’est tout l’enjeu de l’utilisation de ces nouvelles solutions fondées sur les technologies.

Relation-client et productivité, les deux clés pour dynamiser l’activité

Le secteur de l’immobilier est en effet une très bonne illustration des changements dans les rapports clients-professionnels, comme l’a constaté Antoine Huvé : « C’est un métier de service et d’accompagnement du client, pour répondre à ses besoins. Et pourtant, je rencontrais des clients agacés d’être noyés au milieu de milliers d’annonces immobilières imprécises, qui allaient visiter des biens décevants, qui ne savaient pas quels professionnels contacter… Ils doivent finalement se débrouiller pour contacter les professionnels une fois qu’ils ont vu un bien qui peut potentiellement les intéresser. » Les clients, particuliers comme entreprises, ont aujourd’hui des attentes précises, auxquelles le notaire doit répondre s’il veut rester un professionnel référent dans le domaine. C’est donc dans cette optique que Wemblee propose un service en ligne permettant « d’optimiser la phase de commercialisation des programmes immobiliers, explique Sébastien Coudoin, président et cofondateur de Wemblee. Le notaire en charge doit faire preuve d’une grande réactivité pour notifier les clients acquéreurs et réaliser les signatures de vente en l’état futur d’achèvement, car ce n’est qu’une fois l’acte de VEFA signé que le promoteur va toucher un premier versement lui permettant d’alimenter sa trésorerie en vue du démarrage des travaux. Il s’agit donc d’une période cruciale durant laquelle tout doit être mis en œuvre pour réduire les délais et faciliter les échanges d’informations avec son client promoteur. »
La société a donc mis au point une plateforme « qui va simplifier le suivi de la commercialisation du programme. Elle permettra au notaire de gagner du temps, d’éviter les erreurs vite arrivées lorsqu’il y a de nombreux lots à vendre, et enfin, de proposer un service fidélisant à son client. Nous avons développé notre produit en mettant l’accent sur le coté ludique et la facilité de prise en main, que ce soit pour les notaires ou leurs clients promoteurs. »

Le notariat a tout à fait conscience que la relation-client est devenue une question centrale de son activité, comme l’ont démontré les débats qui ont eu lieu durant la commission Informatique du 113ème Congrès. Mais chaque étude n’a pas toujours les moyens de mettre au point ses propres solutions. « Les notaires qui font appel à nos services cherchent à mieux répondre aux besoins de leurs clients promoteurs ou institutionnels, confirme Sébastien Coudoin. Ces derniers mois cependant, l’activité dans l’immobilier a été telle que leur principale difficulté pour aller plus loin dans la relation client a été de surmonter le poids des urgences du quotidien. » Car le meilleur moyen de consacrer plus de temps à ses clients est d’optimiser le fonctionnement de son étude. Les nouvelles technologies proposent de l’automatisation bienvenue pour les tâches répétitives et à plus faible valeur ajoutée.
C’est notamment le cas de Dooxi, solution au départ élaborée par trois notaires de formation, finalisée depuis octobre et actuellement en phase de test auprès d’agences et de notaires. « Nous assistons, depuis la loi ALUR, à une démission des agences immobilières pour la rédaction qui est confiée au notaire, explique Pierre-André Treillard, associé fondateur de Dooxi. Mais la plupart du temps ce travail est une collecte d’informations particulièrement chronophage rémunérée dérisoirement. Nous avons donc pris le parti d’utiliser la digitalisation collaborative pour déléguer, sous son contrôle, la rédaction du compromis à leurs clients. A l’instar de Télé@cte, notre produit répond aux ventes courantes. Nous avons volontairement accentué la simplicité de saisie des informations et leur automatisation, afin que le profane puisse être guidé jusqu’au bout du processus de rédaction, sans l’aide systématique d’un professionnel. Comme en matière de VEFA, nos choix se sont basés sur un contrat d’adhésion. Les clauses s’enchainent contextuellement en respectant les conditions habituelles des compromis, avec toujours la possibilité d’introduire d’éventuelles conditions particulières. Le notaire dispose d’un contrôle accéléré de l’acte pour modifier le compromis si besoin. Avec un peu d’entrainement, nous pouvons faire un compromis en 10 minutes. Le notaire peut alors se consacrer à des taches plus valorisantes. »

Replacer le notaire au centre du secteur

Si start-up et acteurs du digital ont pu avoir une première image de concurrents indésirables, ceux qui se sont positionnés sur le marché du notariat sont plutôt dans l’optique d’aider et d’accompagner le notaire dans ses évolutions. « On ne se substitue pas aux professionnels, c’est un outil digital qui est au service de l’humain, confirme Antoine Huvé. Nous permettons aux particuliers de savoir que les notaires font de la négociation, les orientons vers les études alors que naturellement, ils se seraient peut-être cantonnés aux agences immobilières. La recherche immobilière est alors un autre point d’entrée pour débuter la relation avec un nouveau client. Cela permet aussi aux professionnels d’être sur un pied d’égalité. Le seul point différenciant, c’est le service client, l’accompagnement et la réponse à son besoin. » En adoptant de nouveaux outils, et donc de nouveaux processus, le notariat démontre qu’il est véritablement incontournable sur le marché de l’immobilier, non seulement pour les formalités juridiques, mais également dans l’accompagnement et le conseil. « Avec l’arrivée des technologies comme l’intelligence artificielle, la blockchain, ou même les GAFA [1], qui commencent eux aussi à investir le ‘business to business’ et la legaltech, les notaires doivent se consacrer, avec leurs collaborateurs, aux activités à haute valeur intellectuelle ajoutée, souligne Pierre-André Treillard. En d’autres termes, ils doivent absolument utiliser leur énergie à accompagner les clients dans le ‘sur-mesure’. De la plume à la dictée vocale, le métier de notaire est resté fondamentalement le même : le conseiller impartial du client qui authentifie ses volontés. » «  Les notaires que nous rencontrons ont désormais bien intégré le fait que le digital est une source d’opportunités qu’ils doivent saisir, renchérit Sébastien Coudoin. Leurs clients, comme eux-mêmes, se sont habitués aux services en ligne dans tous les domaines de leurs vies professionnelle ou personnelle. Mais attention, la technologie à elle seule n’est pas source de valeur, c’est le bon usage qu’ils sauront en faire au service de leurs clients qui le sera. »
Le temps est encore à l’introspection : définir ses besoins et trouver le ou les outils qui y répondront le mieux. « Mon conseil est de se donner un peu de temps régulièrement pour regarder ce que propose le marché, confirme Sébastien Coudoin. Il y a de nombreuses startups qui se sont lancées, comme nous, dans le développement de services innovants pour la profession. Donnez-vous l’opportunité de les tester ! »

Clarisse Andry

Article initialement paru dans Le Journal du Village des Notaires n°66


Notes

[1L’acronyme GAFA désigne quatre des entreprises les plus importantes du monde de l’internet : Google, Apple, Facebook, Amazon.

Partager cet article sur vos réseaux sociaux :