Accueil du site > Les prestataires des Etudes Notariales > Généalogie > Généalogie successorale, un univers quasi romanesque contraint par une (...)
2011 8 juin

Généalogie successorale, un univers quasi romanesque contraint par une véritable science. Par Alain Lepors

Donnez une note à cet article : Vous a-t-il intéressé ?
2 votes

Outre leurs qualités d’enquêteurs, les généalogistes successoraux sont de véritables scientifiques. La généalogie en elle-même est une science qui obéit à des règles précises, établies à travers le temps.

Quant il s’agit d’établir les tables de descendance ou d’ascendance d’un individu donné, la construction de ce que l’on appelle commodément un arbre généalogique s’impose. Ce système de représentation a été inventé par les Arabes. L’ancêtre le plus ancien est situé en bas ou en haut et les collatéraux constituent les branches. Pour gagner de la place quand il s’agit de représenter par écrit la généalogie d’une famille, on utilise la méthode « circulaire » dans laquelle l’ancêtre connu le plus ancien est placé au centre. On peut aussi adopter la méthode « horizontale ».

Mais là où les choses se compliquent, c’est quand le généalogiste doit repérer rapidement le degré de parenté relatif des uns et des autres à l’intérieur d’une représentation graphique. Quand les membres sont nombreux, la chose est malaisée. C’est la raison pour laquelle les généalogistes du passé ont inventé des systèmes de numérotation qui permettent un repérage mathématique. Née au 17ème siècle puis reprise et développée à la fin du 19ème siècle, cette méthode consiste à donner à chaque individu un numéro. Le chiffre 1 est attribué à la personne dont on veut établir la généalogie, 2 à son père, 3 à sa mère, 4 à son grand-père maternel et ainsi de suite. Au total, les hommes portent toujours un numéro impair et les femmes un numéro pair. Le nombre attribué au père est toujours le double de celui du fils et la moitié de celui de son propre père. Une mère porte toujours un chiffre égal au double plus 1 de celui de son fils, à la moitié de celui de son père et à la moitié plus 1 de celui de sa mère. Par cette méthode mathématique, le généalogiste peut retrouver à quelle génération appartient tel individu et établir ainsi son degré de parenté avec la personne à partir de laquelle part la recherche.

Dans les généalogies relativement simples, on utilise une numérotation simplifiée qui permet de classer les dossiers plus facilement. Le généalogiste familial part d’un individu et remonte vers le groupe d’ancêtres le plus ancien tandis que le généalogiste successoral cherche les descendants.

Cependant, pour retrouver un cousin ou un neveu, il peut être nécessaire de remonter d’abord le long de l’arbre généalogique. C’est ce qui fait l’une des spécificités de ce généalogiste qui peut se heurter très vite à l’existence supposée d’enfants adultérins qui, par définition, ne figurent pas sur l’arbre généalogique officiel d’une famille. Or ces descendants ont des droits à héritage qu’il convient de respecter dans le cadre d’une succession. Cela signifie aussi que le notaire de famille, comme il existe un médecin de famille, est souvent un peu le confesseur des familles et se trouve détenteur de secrets parfois lourds. Cette image balzacienne du notaire n’est pas désuète. Elle demeure. Mais, souvent, les confidences sont allusives et imprécises quant aux noms, lieux ou dates. Les souvenirs de jeunesse s’estompent au moment où l’on veut les livrer pour tester en faveur d’un enfant supposé né des décennies auparavant et que l’on n’a jamais rencontré. Le notaire devra faire avec ce qu’il a : peu d’informations précises mais aussi la certitude qu’il existe un héritier qu’il a obligation de retrouver. C’est là qu’intervient le généalogiste successoral qui, avec beaucoup de science, un peu de flair et pas mal d’expérience, plus quelques moyens, entreprendra les recherches nécessaires. La vie d’une famille n’est pas toujours un long fleuve tranquille et limpide. Ce qui était celé par le passé est aujourd’hui, parfois, exposé au grand jour mais, derrière cette libération des mœurs demeurent le goût ou la nécessité du secret. C’est dans cet univers quasi romanesque qu’évolue, le plus souvent, le généalogiste successoral. Un univers qui contient tous les ingrédients propres à rendre ce métier passionnant.

Par Alain Lepors

Cet article a été publié dans le Journal du Village des Notaires n°21.

 
SPIP | Mentions Légales | Contact | Plan du site