Création de la coordination départementale de défense des salariés du notariat - 75- 92- 93- 94

Création de la coordination départementale de défense des salariés du notariat - 75- 92- 93- 94 et premiers conseils d’organisation

Chers collègues du notariat,

- Que vous soyez employés , techniciens ou même cadres, vous le savez, les salariés du notariat sont actuellement l’objet d’attaques patronales d’une violence inouïe contre leurs salaires, leurs emplois, et plus généralement, tous leurs droits acquis.

- Le "Rapport Darrois"(rendu le 31 mars prochain), dont nous avons eu plusieurs extraits en exclusivité, s’il semble avoir abandonné la fusion autoritaire notaire/avocat, va néanmoins autoriser une inter-professionnalité qui ne pourra sans doute qu’être nocive aux salariés du notariat si elle se développe.

- Encore aujourd’hui, nous apprenions (par ces innombrables bruits de couloir qui font le notariat) la teneur d’un "plan social" dans une étude parisienne importante du 15ème arrondissement.

En résumé :

- passage au 4/5ème de temps travaillé

- avec 25 % de salaire en moins

- et "l’engagement moral" des employeurs de revenir en arrière quand la crise sera passée etc.

- si les salariés n’acceptaient pas ce "plan", les employeurs seraient "contraints" d’en licencier disons une dizaine d’entre eux.

Quand on apprend cela (et qu’on a un peu de bon sens), on se pince pour savoir si des employeurs qui proposent de telles "solutions" ne sont pas clairement en train de se payer la tête de leurs employés. Surtout si on veut bien se souvenir des 6.5 milliards d’euros de CA du notariat en 2008.

En effet, on voit mal le principe qui régit l’équation "4/5ème du temps de travail = - 25 % de salaire" ???

Ces employeurs là et nous n’avons pas du aller à la même école.

(Mais tant qu’ils y étaient, pourquoi pas - 50 % ? Ce sera peut être le cas prochainement dans une autre étude ?)

On ne comprend pas non plus le sens de la notion "d’engagement moral" quand on demande à un salarié d’accepter de modifier son contrat de travail, non pas par un "engagement moral",cette fois, mais bien par un avenant qui prendra la place de l’ancien contrat.

On comprend d’autant moins (n’entrons même pas dans le débat "où sont les chiffres permettant de justifier cette décision"....) que nous sommes toutes et tous baignés dans une profession juridique !

- Mais quand on apprend que les dits salariés, dont la réaction immédiate et instinctive aurait du être de rire et puis, de refuser et de se mettre immédiatement en grève, ont tout simplement accepté ce "deal", sans doute en faisant, en plus, confiance à leurs patrons, on tombe des nues.

Oui, ils ont accepté, comme d’ innocents agneaux allant à l’abattoir, ces collègues. Sans même livrer bataille, ils ont déposé les armes. Et ce ne sont pas les premiers depuis décembre 2008 !

Parce qu’ils ne voient, pour le moment, de solution que juridique (et c’est si ce que fait le patron est légal, alors on baisse les bras), parce qu’ils font confiance à leur patron, et sans doute aussi parce qu’ils ont peur.

Or, la peur empêche de réfléchir, la panique est la plus mauvaise conseillère.

Parce qu’ils acceptent, aussi, le dogme actuel que « les patrons ne sont pour rien dans la crise » et que donc, ils n’auraient pas d’efforts à fournir et pourraient tout se permettre !

A supposer que cela soit vrai (les notaires n’ont ils vraiment aucun lien avec cette crise qui nous vient de l’immobilier et de la finance ?) nous, salariés, sommes-nous plus responsables qu’eux de cette crise ? Licencier, baisser les salaires, baisser le pouvoir d’achat, est-ce le meilleur moyen de sortir le pays de l’ornière ?

Ils ont accepté, donc. Et ils pensent, sans doute, que le problème est résolu pour eux, par ce sacrifice déjà énorme.

- Nous sommes navrés pour plusieurs raisons :

- D’abord nous sommes navrés pour ces collègues - ils perdent 25 % de leur salaire. C’est énorme.

- Nous sommes navrés parce que dans ces conditions, de tels sacrifice sont vains, voire, aggravent le mal (puisqu’ils démontrent une évident faiblesse).

- Aucun d’entre eux ne doit avoir la télévision ou la radio.

Parce qu’en ce moment, l’histoire quotidienne de la vraie vie des petites gens que nous sommes toutes et tous, est pleine de toutes ces entreprises qui, après avoir fait passer des "plans sociaux" à la noix comme ceux-ci, avec la complicité de syndicats jaunâtres, un an , parfois moins, après avoir fini de "dégraisser la bête", ont fini par purement et simplement licencier !

Ces salariés donc, prennent, en plus de leur perte de salaire injustifiée et dégueulasse, le risque de se faire virer (et calculer aux Assedics) sur la base d’un salaire à moins 25 % dans quelques mois....

Et là, il sera déjà bien tard pour réagir.

Nous ne parlons pas des inévitables 30 % de lâches incompressibles dans ce type de situation, il n’y a rien à faire de ces gens-là qui enfoncent tous leurs collègues pour sauver leur peau à EUX.

Mais vous, les employés, les techniciens, vous, tous les autres - et même les clercs, dont beaucoup sont mal payés et mal traités -, comment ne voyez vous pas que ce n’est pas cela qu’il faut faire ?

- D’autant que tous ces renoncements mis bout à bout ne sont plus des actes isolés - tout cela aide le patronat du notariat qui est lui, puissamment coordonné dans de nombreuses institutions, à poursuivre cette stratégie, et pourquoi pas, à monter le curseur encore plus haut !

Vous toutes et tous qui signez, les yeux fermés, sans vous battre, sans même essayer, sans solidarité entre vous, non seulement vous "baissez votre pantalon" (mais cela vous regarde bien à la rigueur), mais en plus, vous baissez le notre, et c’est là qu’en tant que collègues, nous sommes de moins en moins d’accord avec cette stratégie de renoncement.

- Oui, il y a d’autres solutions, face à ce genre de plans sociaux inéquitables :

1° se syndiquer - si possible, faire désigner d’urgence un délégué syndical.

2° faire une liste de revendications et propositions ( premièrement, voir les bilans et les analyser selon vos opinions ; deuxièmement, quoi qu’il en soit, pas de baisse du salaire, notamment ; le cas échéant une récupération du temps de travail à reprise de l’activité, ce la se fait dans de nombreuses entreprises ; ou une formation, enfin bref. Pas de baisse de salaire, pas de licenciement. Des économies faites par les employeurs aussi, sur les frais généraux, les dépenses somptuaires, l’encaissement de leurs bénéfices... Si licenciements il devait y avoir, demander le licenciement économique, vérifier la validité de la procédure…)

3° se mettre immédiatement en grève illimitée, jusqu’à satisfaction des revendications, au besoin, avec occupation, avec l’appui de l’union locale CGT de votre arrondissement ou de votre ville, et de la CGT-Notariat. Médiatiser le conflit.

4° la publication, par tous moyens, du nom de l’étude qui licencie ou dégraisse.

5° la participation active, y compris pendant votre conflit, syndiqués ou non, à la création des coordination départementale de défense des salariés du notariat.

Non, les choses ne vont pas « s’arranger ». Et certainement pas en pratiquant ainsi ! Les attaques sont coordonnées – les ripostes doivent l’être aussi.

Oui, vous pourrez vous faire licencier quand même (même si vous êtes "très gentils" avec les employeurs), et non ce n’est pas en courbant l’échine qu’on se fait respecter.

Ces luttes peuvent être articulées à des revendications qui nous concernent toutes et tous par ailleurs : salaires, retraités, CRPCEN....et la défense de nos emplois, de nos vies, peut prendre une nouvelle ampleur qui nous aiderait toutes et tous.

Alors, qu’attendez-vous, chers collègues ?

Si vous voulez vous battre, vous n’êtes pas seuls.

A BIENTOT !

Coordination de Défense des Salariés du Notariat - 75 - 92 - 93 – 94

PREMIERE REUNION prévue MI AVRIL A PARIS - Tel 01 48 18 84 34

Inscrivez-vous et dites nous si votre préférence va à un samedi matin (entre 9 et midi) ou à un jour de semaine après le travail (entre 18h et 20 heures).

PS/ Les salariés du notariat hors Paris et RP qui le souhaitent peuvent évidemment prendre les choses en mains et créer de telles coordinations avec l’appui du syndicat...

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