Comment choisir son safari-photo ?

Dans toute vie, il y a, au moins, un moment où l’on souhaite faire un safari. Que l’on rêve de grands espaces, d’animaux sauvages en liberté, ou de proximité avec une nature exubérante, un safari est toujours la promesse (accessible) de surprises colossales et de sensations intenses. Développé par les anglais dans la deuxième moitié du 19ème siècle, et nommé à partir du mot swahili signifiant « long voyage », le safari a cela d’étonnant qu’il a su se diversifier grandement tout en restant fidèle à ses traditions. S’il a longtemps été associé à la chasse au grand fauve, il vise, et depuis longtemps, principalement à l’observation de la vie animale. Aujourd’hui, le safari est plus varié que jamais dans les destinations, les thématiques et les modalités qui sont proposées. Nous vous proposons quelques conseils pour trouver le safari qui vous convienne et pour en profiter dans les meilleures conditions.

Le choix de l’accompagnateur

Celui qui détient les clés de la réussite d’un safari est l’accompagnateur. Selon ce qu’il (ou elle) est capable d’observer, indiquer, transmettre, un safari permet de se plonger dans la nature environnante. Il est donc utile de se renseigner sur les spécialités (mammifères, oiseaux,...), les références, les langues parlées des guides qu’on vous propose. Les photos, que beaucoup de guides réalisent sur leur temps libre ou pour leurs autres activités, sont un très bon indicateur des goûts et des talents, et sont souvent disponibles sur un site internet individuel ou collectif. D’autant que la pratique de la photographie par le guide garantit la prise en compte, dans l’approche de l’animal, des besoins des photographes, notamment en ce qui concerne la lumière et le positionnement. Une autre astuce pour en savoir plus consiste à consulter le livre d’or où, même si les commentaires sont pour la plupart élogieux, certains le sont plus que d’autres, et amènent également des précisions sur telle ou telle caractéristique du guide.

Le safari des enfants

Emmener les enfants en safari ne va pas de soi, et pour beaucoup de raisons différentes. Pour leur propre plaisir, rester calme, ne pas crier, et rester assis n’est pas le voyage idéal. Pour des raisons de santé également, car les espaces sauvages comme ceux se situant dans les parcs nationaux ne sont pas sans poser des problèmes épidémiques. La Réserve de Madikwe, en Afrique du Sud, est ainsi l’une des seules où la question de la malaria ne se pose pas. Pour des raisons de sécurité enfin, car voir un lion ou un éléphant pour la première fois tout en gardant son calme est loin d’être évident, même pour beaucoup d’adultes. Beaucoup d’accompagnateurs peuvent donc se montrer réticents pour accueillir les enfants en safari avant l’âge de six ans. Certaines réserves se sont fait une spécialité de proposer aux enfants des activités qui leur soient adaptées. Par exemple, la réserve Tshukudu (en Afrique du Sud) a pour mission de recueillir les prédateurs orphelins de son illustre voisin, le Parc national Kruger, où ils sont ensuite réintroduits. C’est alors, pour les enfants, la très rare possibilité de voir des bébés lions, guépards ou léopards, sans que ceux-ci ne vivent dans un zoo. Et quel adulte ne serait pas tout autant charmé du spectacle ? Au Kenya également, des séjours sont organisés pour être accessibles aux plus jeunes, avec :
- des déplacements dont le rythme et la distance sont modifiés ;

- des visites d’école et des rencontres avec des enfants des communautés locales ;

- un guide habitué à encadrer des enfants qui développe davantage les aspects ludiques et pédagogiques.

Quel confort pour vous ?

En safari, le choix du confort est moins une question financière qu’une question de goût. Entre ceux qui apprécient (en connaissance de cause) le style spartiate du bivouac simple et ceux qui, pour eux-mêmes ou leurs proches, privilégient des commodités élargies, le monde du safari offre vraiment toute la palette. Depuis l’autonomie intégrale (avec cuisine faite en commun) jusqu’aux lodges de luxe avec cuisinier et aides de camp, tout est possible, et souvent à quelques kilomètres de distance dans le même parc. Même les véhicules peuvent être plus ou moins vastes et confortables selon les envies de chacun.

Le safari sous d’autres points de vue

Le safari pédestre : le goût de l’aventure
Comme le dit un guide, réaliser un safari à pied est une « expérience totale, impliquant tous les sens ». Odeurs, sons, vibrations produites par les déplacements des animaux sont ressentis bien davantage à pied qu’en voiture. C’est, de plus, l’occasion de s’intéresser à des aspects de la nature moins monumentaux, mais tout aussi passionnants, comme les insectes, plantes, reptiles ou oiseaux. Les parcs d’Afrique australe (Afrique du sud, Botswana, Zimbabwe, Zambie et Namibie) se sont fait une spécialité du safari pédestre.

Le safari en canoë
Certains territoires sont propices à l’aventure en canoë, et tout particulièrement le fleuve Zambèze. Les expéditions de ce type peuvent être très intenses, avec une grande autonomie, et les efforts physiques qui lui sont associés ; elles sont alors réservées à celles et ceux qui veulent vivre des expériences de type « Indiana Jones ». D’autres séjours, moins « extrêmes », offrent l’expérience du fil de l’eau mais avec un soutien logistique plus important, en alternance avec des journées passées au sec dans les parcs environnants (Mana Pools, Bas-Zambèze,...).

Le safari en montgolfière
Les excursions en montgolfière sont pour l’instant surtout proposées au Serengeti (Tanzanie) et au Massaï Mara (Kenya), mais elles se répandent un peu partout. C’est en effet l’occasion d’avoir une perspective unique sur des paysages splendides et sur la vie des animaux présents sans attirer leur attention : les grandes migrations de gnous, zèbres et antilopes, avec des dizaines de milliers d’animaux qui se déplacent en dessous de vous, les Big Nine (voir encadré), ou encore les milliers de flamants roses du Lac Elementaita. Cette activité se réalise le plus souvent tôt dans la matinée, afin de pouvoir admirer le magnifique lever de soleil et les prédateurs qui, comme le léopard, apprécient cette heure de la journée.

Le safari à cheval
Cette pratique insolite permet de découvrir les endroits cachés de la vie sauvage tout en étant proche des animaux, car vous pourrez aller là où aucun véhicule ne va. L’activité est proposée par de nombreux ranchs et réserves privés, dans la plupart des grands pays du safari africain. Elle est néanmoins réservée la plupart du temps à des cavaliers aguerris, à l’exception de certains séjours au Waterberg (Afrique du Sud) et dans les Chyulu au Kenya.

Le safari en vélo
De nombreux parcs, notamment au Kenya, peuvent être parcourus à vélo. Le Parc national de Hell’s Gate (Kenya) est par exemple une destination très populaire pour les amateurs de vélo, en raison de son paysage hors du commun et des pistes aménagées dans tout le parc. Le lac Elementaita, lac salé niché dans la vallée du grand Rift, est un lieu également très propice, où il est possible de pédaler au milieu des flamants roses. Beaucoup de réserves privées proposent également cette activité aux visiteurs.

Connaître les communautés locales
Parce que même les étendues les plus sauvages du monde sont également habitées par des humains, de nombreux voyages proposent désormais d’aller à la rencontre de ces communautés qui ont su entretenir et préserver la beauté de la nature qui les entoure. En Zambie, dans la communauté entourant le parc national du South Luangwa, ou parmi les villages masaïs au Kenya, il est possible d’associer la découverte de la faune sauvage avec le soutien à des projets qui facilitent la vie des populations locales.

Les destinations phare et leurs animaux-fétiches

L’Afrique
On y trouve de plus en plus de destinations différentes. Si Kenya et Tanzanie restent des références, beaucoup d’autres pays offrent des étendues sauvages extrêmement attractives où observer les Big Nine : Namibie, Botswana, Zambie, Afrique du Sud. En outre, des écosystèmes spécifiques comme Madagascar ou le Rwanda permettent d’aller observer d’autres faunes comme les lémuriens ou les gorilles de montagne.

L’Asie
On voit les offres se développer, et plus particulièrement :
- En Inde, renommé pour les tigres du Bengale, que l’on approche montés sur un éléphant ;
- Au Laos et en Thaïlande, pour les passionnés du gibbon et de l’éléphant ;
- Au Népal, pour observer le tigre royal et le rhinocéros unicorne ;
- Au Sri Lanka, dans le but d’observer le léopard.

L’Amérique du Sud
- Au Brésil, pour observer le jaguar ; 

- Au Pérou, pour ses singes laineux ;
- Au Guatemala, afin de découvrir le quetzal.

Dans le Grand Nord
A la découverte d’un autre type de safari :
- La Norvège avec ses élans, gloutons, renards polaires, lièvres, lynx, et une petite population d’ours ;
- Le Canada, pour les grizzlis et l’orignal.

Le safari « côté mer »
Là aussi, chaque continent a ses destinations :
- Le continent américain offre les manchots de Magellan du Chili, les baleines de la péninsule de Valdes en Argentine, le requin baleine et la baleine grise du Mexique, ainsi que les baleines du Canada ;
- En Afrique, aux ressources naturelles toujours aussi exubérantes, on peut observer le requin blanc, les baleines et les manchots en Afrique du sud, l’otarie à fourrure de Namibie, aussi bien que les baleines à bosse et tortues marines de Madagascar ;
- L’Asie propose surtout les tortues, au Vietnam ou au Japon ;
- L’Europe, enfin, concentre son offre sur la Norvège, avec les baleines, le crabe royal et les orques.

Jordan Belgrave
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