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Aider les plus démunis.

Pour un forfait de 19,90 euros par mois, il est désormais possible de solliciter La Poste pour veiller sur ses parents par l’intermédiaire du passage du facteur. Celui-ci adressera à l’issue de chaque visite un compte-rendu aux proches. Difficile de savoir s’il faut se réjouir de la mise en place d’un tel service. Si l’offre est destinée à entretenir un lien social précieux, elle oblige aussi à faire le constat d’une banalisation de l’isolement des personnes. On peut s’interroger sur l’impact de la marchandisation des rapports humains qui devraient exister plus spontanément. Face à ces nouveaux services payants, il convient de rappeler le travail fondamental et remarquable que font depuis des années les associations et les fondations pour aider les plus démunis. Leur champ d’action est très large et il est possible de les soutenir de nombreuses façons.

Être démuni en France

Avant de décrire le travail des associations et les différentes façons de les aider, il est important de faire un point sur la pauvreté en France. Si l’aspect financier ne suffit pas à expliquer la condition des plus démunis, il constitue souvent un facteur très important. À cela s’ajoutent l’isolement, la précarité, la perte d’autonomie, le déracinement, la santé…
L’INSEE a élaboré différentes méthodes pour mesurer la pauvreté. Une personne est considérée comme « pauvre financièrement » lorsque son revenu est inférieur à 50% (ou 60% selon les enquêtes) du revenu médian national. Selon cette méthode de calcul, on estime qu’en France cinq millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre a considérablement augmenté depuis 2008 en raison de la crise financière et de la progression du chômage. La seconde méthode consiste à mesurer « la pauvreté en conditions de vie ». Pour ce faire, on établit une liste des privations que subissent les ménages : ne pas pouvoir chauffer son logement, ne pas pouvoir partir en vacances, manger de la viande ou acheter des vêtements neufs… Sont alors considérés comme pauvres, les foyers qui subissent au moins huit restrictions sur les vingt-sept répertoriées par l’INSEE. En France, depuis 2004, les indicateurs de pauvreté en conditions de vie indiquent en revanche une baisse de ce type de précarité. La différence d’évolution entre les deux indicateurs révèle que globalement les conditions de vie des plus pauvres tendent à s’améliorer. La salubrité des logements par exemple croît. En revanche, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres se creuse. Dans les deux cas, les personnes les plus touchées sont les femmes, seules ou avec enfant, les personnes de plus de 60 ans et les étudiants. Les régions les plus impactées par la pauvreté sont le Nord et le Sud de la France. À ces phénomènes de pauvreté, s’ajoute plus que jamais la condition des migrants. Peu pris en compte dans les statistiques lorsqu’ils sont en situation irrégulière, ils font pourtant partie des plus démunis aujourd’hui en France. Au delà de la question financière et matérielle, s’ajoute la violence du déracinement provoqué par une situation de guerre, la séparation de la famille, l’absence de connaissance de la langue du pays d’accueil.

Soutenir les plus démunis

En France de nombreuses associations et fondations viennent en aide aux plus démunis en tentant de compenser les limites de l’action publique. Leur financement est basé dans une large majorité sur les dons de particuliers et d’entreprises et leur action repose essentiellement sur le travail des bénévoles. Selon les moyens et le temps dont on dispose, il est possible de les soutenir de plusieurs façons.

Le don financier

Faire un don d’argent est le moyen le plus simple et le plus rapide soutenir une association ou une fondation. Désormais, on peut quasiment systématiquement le faire en ligne, de façon sécurisée, directement sur le site internet de l’association ou sur une plateforme regroupant plusieurs petites associations. On procède comme pour un simple achat. Le don par sms se met aussi progressivement en place. L’association édite en retour un reçu fiscal qui permet de bénéficier de mesures fiscales incitatives. Rappelons que les dons offrent une réduction d’impôt sur le revenu de 66 % du montant versé dans la limite de 20 % du revenu disponible. Pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté, la réduction est portée à 75 % dans la limite de 529 euros. Le don à une association ouvre également un droit à une réduction de l’ISF, égale à 75% du montant des sommes versées et dans la limite de 50 000 euros. Les deux dispositifs fiscaux ne sont pas cumulables. Selon la somme que l’on envisage de donner, il peut être intéressant de faire appel un conseiller en philanthropie. Les études notariales sont également des acteurs clés pour soutenir les potentiels donateurs dans leur démarche. Les associations tentent d’assurer au maximum la transparence sur l’usage des fonds reçus. Ils serviront à la fois aux frais de fonctionnement de la structure associative et à la mise en place de l’aide aux plus démunis : création de centre d’hébergement, organisation de vacances pour les enfants, distribution de repas, conseil, visite à domicile, soutien financier…

Le don d’objets

Vêtements, jouets, livres, meubles, couvertures, aliments de longue conservation, fournitures scolaires… Alors que certains se sentent débordés par le contenu de leurs placards, d’autres manquent de l’essentiel comme le démontre les statistiques INSEE sur la pauvreté en condition de vie. Les associations et les fondations organisent régulièrement des collectes qui constituent la solution parfaite pour faire le tri chez soi tout en venant en aide à ceux qui en ont besoin.
Les objets seront soit distribués directement aux plus démunis, soit revendus lors de vente de charité et les fonds employés au soutien d’une action de l’association. Attention, tout de même, les associations ne sont pas des débarras, il convient donc de remettre de objets propres et en bon état. Pour les aliments, on veille à ce que la date limite de consommation soit la plus éloignée possible. Ces dons d’objet permettent à ceux qui craignent qu’un don d’argent soit mal employé, de mieux mesurer la dimension concrète de leur aide.

Le bénévolat

Le bénévolat apparaît souvent comme réservés « aux autres » : ceux qui ont du temps, qui sont retraités, qui n’ont pas d’enfants… Pourtant, il est plus facile que l’on ne le pense de dégager quelques heures pour soutenir une association. S’il est vrai qu’il n’est pas facile de trouver chaque semaine des heures disponibles dans des emplois du temps bien chargés, on peut être bénévole ponctuellement, lors, par exemple, de grandes opérations de collecte, à l’occasion des fêtes… Il est également possible de concentrer son action lors d’une semaine de vacances ou encore d’offrir un service d’écoute téléphonique. Cette dernière option permet d’être bénévole de chez soi, même lorsque l’on habite loin de toute structure associative. Il est aussi envisageable d’intégrer une action bénévole sur son lieu de travail. Certains cabinets d’avocat pratiquent le « pro bono », c’est à dire qu’ils dispensent des conseils juridiques gratuits. D’autres entreprises mettent à disposition leurs locaux pour les réunions d’une association… Par ailleurs toutes les compétences peuvent être utiles aux associations et aux fondations. Il pourra s’agir d’aider à la distribution de denrées alimentaires, de trier des vêtements reçus, de donner des cours de soutien-scolaire ou d’informatique, d’effectuer de la comptabilité. Chacun peut trouver sa place ! L’aide matérielle n’est pas la seule nécessité, l’écoute, le conseil, l’orientation sont également très précieux.

L’action de proximité

Si on pense spontanément aux associations et aux fondations pour venir en aide aux plus démunis, il ne faut pas pour autant négliger la vie quotidienne. Sans passer par une institution, l’action commence par prendre soin de ses proches, en commençant par les voisins de paliers. En effet, nul besoin de passer par une association pour proposer de menus services aux personnes âgées habitant dans l’immeuble ou dans la maison voisine.

Si les situations de crise (températures hivernales ou canicule, flux migratoires importants en conséquence de la guerre…) sont souvent aptes à mobiliser les dons et les bénévoles, rappelons pour conclure que le dénuement n’attend pas l’hiver et que les associations et fondations attendent un soutien précieux tout au long de l’année.

Sarah-Louise Gervais

Article initialement publié dans le Journal du Village des Notaires n°64

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