Achat immobilier : à qui confier son projet ?

Au-delà des tendances chiffrées [1], le marché de l’immobilier reste une valeur sûre en matière d’investissement. Mais chercher et trouver le bien immobilier, sinon de ses rêves, du moins qui correspond à ses besoins et capacités, n’est pas facile. Le conseil et l’expertise des professionnels de l’immobilier restent souvent indispensables. Parmi eux, les agents et mandataires immobiliers ont pour mission de se faire rencontrer l’offre et la demande. Faisons un point sur le statut de ces « créateurs de liens » entre acheteurs et vendeurs.

Bon nombre de professionnels peuvent accompagner la réalisation des projets immobiliers. Les notaires bien sûr (de la phase initiale à la phase finale), les négociateurs, consultants et agents commerciaux tels que les mandataires immobiliers, sans oublier, bien sûr, les agents immobiliers. Courtiers, diagnostiqueurs, syndic, etc. sont également des professionnels vers qui il est possible de se tourner selon les besoins plus spécifiques d’accompagnement. Parmi tous ces acteurs, les plus connus sont probablement les agents immobiliers, intermédiaires entre les parties au contrat, qu’il s’agisse d’un achat, d’une vente ou d’une location d’immeuble, de fonds de commerce ou de parts de société. Ils ont une place particulière, tant en raison de leur rôle clé joué en matière de transaction, que de l’attractivité du métier. Le tout, il est vrai, boosté par des émissions de télévision à forte audience ! En 2020, le métier d’agent immobilier était considéré comme « l’un des trois métiers à plus forte croissance » [2] . La filière offre donc, à plusieurs égards, de nombreuses opportunités de carrière.

Agent immobilier, agent commercial immobilier, mandataire immobilier, négociateur immobilier : qui sont les Pros des transactions ?

Différents statuts juridiques s’appliquent aux professionnels chargés des transactions immobilières. Sans entrer dans le détail de la réglementation applicable (loi Hoguet, loi Alur, etc.), il importe de savoir que les activités des agents immobiliers proprement dit sont strictement réglementées (carte professionnelle, inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RSC), garantie financière, assurance en responsanbilité civile, formation continue obligatoire, etc.). L’agent immobilier est soumis à une déontologie forte dans l’exercice de ses missions, qui vont de la prospection immobilière à la réalisation de démarches administratives et juridiques (signature de la promesse de vente ou d’un bail), en passant par la promotion et les visites des biens.

Souvent confondu avec l’agent immobilier, l’agent commercial immobilier, également appelé mandataire immobilier, est un travailleur le plus souvent indépendant, inscrit au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC). Lorsque l’agent commercial exerce ses activités en étant salarié d’une agence ou d’un réseau, l’appellation idoine sera « négociateur immobilier » ou « conseiller immobilier ». Il ne détient pas de carte professionnelle et n’agit pas pour son propre compte, mais pour celui d’un tiers (le mandant, qui peut être un agent immobilier ou un réseau immobilier). À la différence de l’agent immobilier, il réalise des opérations d’ordre commercial (prospection, développement de portefeuille, etc.), dans le cadre de la délégation qui lui a été confiée, mais ne pourra donc pas rédiger d’actes juridiques.

Qu’est-qui fait la valeur ajoutée des « agents » immobilier ?

Aujourd’hui, différents moyens d’information sont à la disposition des acheteurs et vendeurs, plateformes numériques en tête. Ici comme ailleurs, la digitalisation marche à plein régime, mais pas question pour autant de renoncer à l’humain. À la multiplication des sources, s’ajoute la complexité liée au dynamisme du marché, qui ne se dément pas malgré la crise sanitaire. La connaissance du secteur géographique par l’agent, son réseau, etc. sont des atouts importants pour la réussite du projet, mais tout ceci a évidemment un coût.

Souffrant d’une image parfois décriée, voire raillée, les acteurs privés de l’immobilier souffrent encore de préjugés, notamment liés leur rémunération. Car, oui, sans surprise, leur savoir-faire a un coût ! Il est vrai qu’entre le prix du bien, les frais de notaire (droits de mutation et émoluments) et les éventuels frais bancaires, la somme grimpe vite... Mettons de côté la question clivante du coût du travail des agents immmobilier, qui n’est pas vraiment nouvelle, pour se placer du côté des agents et mandataires immobiliers eux-mêmes.

Avec un statut de salarié, le professionnel (agent immobilier salarié (très rare), négociateur immobilier) touchera un salaire selon des modalités définies dans son contrat de travail : une part fixe, associée le plus souvent à un pourcentage sur les ventes (10 ou 15 % dans la plupart des structures). En tant que professionnel indépendant, la rémunération est variable, pour ne pas dire incertaine : elle dépendra du prix et du type de biens, du secteur géographique, de son dynamisme et de son savoir-faire (expérience, conviction, portefeuille client, etc.). Pour l’agent immobilier au sens strict, il s’agira d’honoraires, rarement fixes, le plus souvent proportionnels. Ils dépendent des frais d’agence (entre 3 et 10 % en moyenne), librement définis en matière de vente (à la différence des plafonds imposés en matière locative), dont l’agent touche une partie (entre 7 et 30 %). Il pourra aussi s’agir d’une rémunération forfaitaire.

Les revenus de l’agent commercial immobilier ou salaire agent immobilier se font également sous la forme d’une commission, versée en pourcentage des honoraires de l’agence qui l’a mandaté. En moyenne, celles-ci peuvent se situer entre 30 et 50 % des frais d’agence (souvent environ 40 à 45 % des honoraires), mais peuvent s’élever jusqu’à 80 %, voire plus dans certains cas ! C’est aussi ce qui fait l’attractivité de ces carrières. Mais le revers de la médaille est bien là : dès lors qu’ils sont hautement dépendants du nombre de ventes réalisées et que seules les transactions finalisées déclenchent la rémunération, les revenus des acteurs indépendants sont rarement garantis.

Article proposé par un partenaire.


Notes

[1Voir not. la Note de conjoncture immobilière des notaires de France (2021) et le Baromètre de l’immobilier des villes moyennes du Conseil Supérieur du Notariat et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (juin 2021).

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